Rivalités politiques et manque de vision
Pologne: Mgr Pieronek critique l’état de l’Eglise catholique en Pologne
Varsovie, 4 juin 1998 (APIC) Mgr Tadeusz Pieronek, évêque auxiliaire de Sosnowiec, déplore les rivalités politiques qui ont conduit à de violents conflits au sein de l’Eglise polonaise. Dans une interview accordée au quotidien «Gazeta Wyborcza», le secrétaire général sortant de l’épiscopat polonais dresse un bilan critique de l’Eglise catholique polonaise mais se déclare confiant sur ses capacités à toujours mieux comprendre les mécanismes de la démocratie.
Mgr Pieronek n’a pas été reconduit à son poste en mai dernier, les 114 évêques de la Conférence épiscopale polonaise ne l’ayant pas réélu pour un nouveau mandat de cinq ans. Ce désaveu a été considéré dans le public comme une sanction pour son ouverture au dialogue, en particulier envers les médias non catholiques et les hommes politiques de gauche.
A la mi-mai pourtant, le pape Jean Paul II l’a nommé président d’une commission de l’Eglise chargée d’accompagner la mise en œuvre du Concordat entre l’Eglise et l’Etat polonais. Il a été élu en outre directeur de l’Académie pontificale catholique à Cracovie, ce qui a été interprété par les médias polonais comme un signe qu’il bénéficie du soutien personnel du pape Jean Paul II.
Mgr Pieronek regrette que de nombreux catholiques n’aient estimé les hommes politiques qu’en mesurant si leur action allait dans le sens de l’évangélisation de l’Eglise. La plus grande faute du catholicisme polonais ces dernières années, poursuit-il, est l’idée que la société ne pouvait guérir si tous les Polonais rentraient à nouveau dans l’Eglise catholique.
Sévères critiques à l’égard de la station catholique «Radio Maryja»
L’évêque auxiliaire de Sosnowiec s’est montré choqué par l’attitude anti-européenne et antisémite de la plus importante station de radio polonaise, l’émetteur catholique «Radio Maryja», un média très engagé politiquement. De l’avis de Mgr Pieronek, il semble plus facile pour nombre de membres de l’Eglise de jouer avec la peur des gens et la pression plutôt que de leur donner de l’espoir. Le secrétaire général sortant de l’épiscopat constate également une faible connaissance de la foi parmi ses compatriotes catholiques. Il déplore une foi chancelante chez beaucoup d’entre eux et regrette que nombre de fidèles se contentent de vérités partielles: «Il n’y en a pas beaucoup qui connaissent leur foi et qui soient conscients des conséquences qui en découlent». (apic/kna/be)




