L’évêque de Tarnow nie avoir été un collabo ou un mouchard

Pologne: Mgr Wiktor Skworc admet des contacts avec la STASI

Varsovie, 8 novembre 2006 (Apic) L’évêque polonais Wiktor Skworc s’est exprimé pour la première fois sur ses contacts avec la STASI. Interrogé par l’agence de presse catholique allemande KNA, il nie avoir été un collaborateur ou un mouchard de l’ancienne Police politique communiste.

Cependant, il est vrai que l’évêque a été mis sous pression par la STASI. C’était en 1979, alors qu’il était collaborateur à l’évêché de Katowice. Il a été pris dans un contrôle de police avec de la nourriture dans le coffre. La police politique a menacé de lui intenter un procès, affirme Mgr Skworc. Puis, une demande de passeport pour l’évêque de Katowice et pour lui-même ont débouché sur six auditions avec la STASI entre 1979 et 1980. Il n’y a été question «que de sujets généraux», affirme Wiktor Skworc.

«Du point de vue actuel, j’admets que je ne me suis pas montré assez ferme dans cette affaire avec la STASI. Je manquais alors de courage. Aujourd’hui je ressens le devoir de demander pardon», affirme l’évêque de Tarnow. Ce dernier souligne qu’un rapport d’une commission d’historiens a établi qu’il n’a «en aucune façon divulgué des données personnelles sur des prêtres, ni des informations qui auraient eu des conséquences pour l’évêque de Katowice de l’époque ou son entourage». Les autorités de la police l’avaient enregistré comme collaborateur non-officiel sans l’en avertir et lui ont octroyé un nom d’emprunt.

Engagement aux côtés de Solidarnosc

Quatre autres rencontres ont eu lieu, entre 1986 et 1988, avec la STASI. Mais elles entraient dans le cadre du mandat de contact avec les autorités que son évêque lui avait confié et ont eu un «caractère humanitaire». Elles ont eu notamment pour sujet la libération de membres du syndicat Solidarnosc et le libre accès des fidèles à une croix à Katowice. «Il est connu partout que je me suis engagé en faveur de Solidarnosc durant l’état de guerre en Pologne (ndr: déclaré de 1981 à 1983 par le gouvernement de Jaruzelski) et que j’ai participé à la création d’un comité d’aide pour les quelque 3’000 familles des travailleurs emprisonnés», a affirmé Mgr Skworc.

Depuis plusieurs mois, un vaste débat a lieu en Pologne sur la collaboration entre des membres de l’Eglise et la Police politique communiste. Le gouvernement s’est donné pour devoir de rechercher parmi les personnes publiques qui ont collaboré avec la STASI. L’Eglise catholique a formé une commission d’historiens chargée d’éclaircir les cas qui la concernent. (apic/kna/gs/bb)

8 novembre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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