L’intervention ne relève pas de l’action humanitaire
Pologne: Monde catholique divisé sur la présence des troupes polonaises en Irak
Varsovie, 18 novembre 2003 (Apic) La présence d’un contingent polonais de 2’350 hommes en Irak fait de moins en moins l’unanimité en Pologne. La mort, le 6 novembre dernier, du commandant Hieronim Kupczyk, 44 ans, – premier soldat polonais tombé au combat en Irak – suscite des réactions mitigées au sein de l’Eglise polonaise comme dans l’opinion publique.
Professeur à l’Université du Cardinal Stefan Wyszynski à Varsovie, le Père Piotr Mazurkiewicz estime que les troupes polonaises ne devraient pas se trouver en Irak, parce qu’elles ne remplissent pas une mission humanitaire. Contredisant l’académicien responsable du Département de sciences politiques de l’Université, Mgr Jozef Zycinski, archevêque de Lublin, affirme au contraire que la présence des soldats est un «geste de solidarité» envers les citoyens irakiens et une action de défense de la démocratie.
Le Père Mazurkiewicz considère que l’intervention aux côtés des troupes d’occupation américaines ne relève pas de l’action humanitaire, mais d’une «guerre préventive» pour laquelle on peut valablement douter qu’il faille mettre en danger la vie de soldats polonais. Lors de sa visite au contingent polonais en septembre dernier, Mgr Slawoj Glodz, chef du diocèse polonais aux armées, déclarait pour sa part que les soldats polonais stationnés en Irak étaient des «constructeurs de paix et un signe de stabilité sociale».
Dès le début de l’alignement du gouvernement polonais sur les positions de l’administration Bush, les milieux catholiques polonais s’étaient profondément divisés, notamment en raison de l’engagement sans équivoque du pape Jean Paul II contre la guerre et pour une gestion des conflits dans le cadre de la légalité internationale. Une majorité, dénonçant l’»esprit munichois» et pacifiste de l’axe franco-allemand, s’était pourtant prononcée pour la guerre.
Depuis que l’intervention américaine qui prétextait initialement le désarmement de l’Irak – un pays censé posséder des armes de destruction massive que Washington n’imagine même plus trouver – a dévoilé sa vraie nature, l’opinion publique polonaise et l’intelligentsia sont devenus plus sceptiques, relèvent les observateurs à Varsovie. (apic/cns/com/be)



