Querelle sur fond de chiffres
Pologne: Un ex-prêtre catholique fonde l’Association des ex-prêtres mariés
Varsovie, 9 décembre 1998 (APIC) Un ancien prêtre catholique de 31 ans a fondé la première association polonaise pour ex-prêtres mariés. Son initiative a toutefois été dénoncée par les dirigeants de l’Eglise, qui ont déclaré que ses propres enfants le désavoueraient pour avoir «craché sur d’anciens collègues».
«L’Eglise polonaise est obnubilée par l’argent, le nombrilisme, la poursuite du pouvoir et la propriété», a déclaré Roman Kotlinski, ancien prêtre du diocèse de Lodz, dans le centre de la Pologne. «Ma voix est la première à s’élever dans la patrie du pape pour exposer le mal qui existe dans l’Eglise et demander de profondes réformes».
Roman Kotlinski, que cite l’Agence œcuménique ENI, a expliqué qu’il avait fondé l’association pour faire ressortir les «erreurs doctrinales» existant au sein de l’Eglise catholique, qui rassemble 95% des 38 millions de Polonais. Pour lui, le célibat exigé des prêtres par l’Eglise va à l’encontre de la nature et de l’Evangile. Il a également promis de venir en aide aux enfants et partenaires des prêtres.
«Je serai une épine au pied du pape et de l’Eglise en Pologne, qui est extrêmement matérialiste», a déclaré l’ex-prêtre. Des associations comme la nôtre existent depuis longtemps dans l’Ouest et on en a besoin ici. J’ai reçu de nombreuses lettres de prêtres qui ont une famille et je suis certain que la plupart des gens m’appuieront».
Selon lui, il y aurait en Pologne 10’000 ex-prêtres catholiques contre 27’000 prêtres ordonnés. Ces chiffres sont cependant contestés par l’évêque Tadeusz Pieronek, directeur de la Commission du concordat de l’Eglise en Pologne, qui accuse Roman Kotlinski de tromper les Polonais.
«Il n’y a pas eu d’exode massif de prêtres ici», assure l’évêque à l’Agence d’information catholique, organisme de l’Eglise catholique de Pologne. «Il y aurait eu, au plus, 600 à 700 cas au cours des 10 à 20 dernières années, ce qui veut dire une moyenne de moins de 20 par diocèse». Une estimation qui corrobore les chiffres avancés par l’Office des statistiques du Vatican, qui parle de 440 défections entre 1978 et 1985. (apic/eni/pr)




