Enquête judiciaire sur l’ex-archevêque de Varsovie
Pologne: Un tribunal vérifie les liens de l’archevêque Wielgus avec les services secrets
Varsovie, 23 février 2007 (Apic) Les liens de l’éphémère archevêque de Varsovie, Stanislaw Wielgus, avec les services secrets du régime communiste polonais vont être vérifiés par la justice. Un tribunal spécial de Varsovie a donné jeudi son accord à la requête de clarification de son passé (»lustration») (*) au temps de l’ancien régime que lui a adressée par Mgr Wielgus.
Mgr Wielgus, 67 ans, avait été nommé archevêque de Varsovie au début décembre 2006. Le 6 janvier 2007, un jour après son installation et à la veille de son intronisation à la cathédrale de Varsovie, Mgr Wielgus a dû se retirer, soupçonné de collaboration avec les services secrets du régime communiste, la fameuse SB.
L’enquête judiciaire demandée instamment par Mgr Wielgus constitue un précédent. Jusqu’ici aucun ecclésiastique n’avait sollicité une enquête de la part de l’Etat concernant son passé communiste. Les quelques commissions d’enquête qui avaient été mises en place l’avaient été à l’initiative de l’Eglise polonaise.
La procédure demandée par Mgr Wielgus ne devrait en fait concerner, selon la loi, que des citoyens qui ont exercé des fonctions officielles. Mgr Wielgus a été recteur de l’Université catholique de Lublin durant neuf ans.
Résultats en partie secrets
Les résultats de l’enquête demeurent, selon le voeu de l’archevêque, pour une bonne part secrets. Cela ne concerne, selon les indications des juges, que la partie relative aux relations des prêtres entre eux. L’archevêque avait lui-même admis avoir eu des contacts avec la SB. Mais il souligne que dans les faits, il n’a jamais donné suite à la collaboration exigée de sa part.
L’Institut de la Mémoire Nationale de Varsovie (IPN) met à jour les dossiers de l’ancienne police secrète communiste. Le cas de l’archevêque Wielgus y est conservé sous forme de microfilms.
Authentique ou falsifié?
Deux commissions indépendantes d’historiens, dont une sous mandat de l’Eglise, ont examiné les documents et trouvé que Mgr Wielgus avait consciemment collaboré avec la SB.
L’avocat de l’archevêque Wielgus, Marek Malecki, a déclaré qu’une partie des documents de la SB produits contre son client étaient des faux. A son avis, même une analyse graphologique de la signature d’un document où Mgr Wielgus consent à s’expliquer pourrait avoir été manipulée. A l’inverse, le chef de l’Institut de la Mémoire Nationale, Janusz Kurtyka, tient ces documents pour authentiques. JS
(*) Le terme «lustration» est utilisé dans certains anciens pays communistes d’Europe de l’Est. Il vient du latin «lustratio», un rituel de purification courant dans la Rome antique. (apic/kna/mdü/js)




