Aucun nom révélé

Pologne: Une douzaine d’évêques catholiques ont été des informateurs de la police secrète

Varsovie, 28 juin 2007 (Apic) Une douzaine d’évêques catholiques polonais, sur 132, ont été enregistrés comme informateurs de la police secrète SB durant l’ère communiste. Une commission historique chargée de faire la lumière sur cette sombre période de l’histoire polonaise, présidée par Mgr Leszek Slawoj Glodz, a découvert que la police secrète a classé la plupart de ces informateurs comme «collaborateurs secrets». Le nom d’aucun de ceux qui ont eu des contacts avec la police secrète n’a été publié.

Mgr Leszek Glodz est archevêque de Varsovie-Praga et responsable du secrétariat des médias à la Conférence épiscopale polonaise. Un évêque haut placé a pour sa part déclaré que les dossiers retrouvés dans les locaux de la police secrète étaient si confus qu’il n’est pas clair quel rôle a joué exactement chacun de ceux qui ont été identifiés comme collaborateurs. La commission a remis son rapport à la présidence de l’épiscopat polonais, qui va le remettre au Vatican.

L’Eglise catholique polonaise avait demandé qu’une enquête soit diligentée après que les médias eurent révélé le passé de Mgr Stanislaw Wielgus qui devait entrer en fonction comme nouvel archevêque de Varsovie le 7 janvier et devenir ainsi le nouveau primat de Pologne.

Le 6 décembre dernier, Benoît XVI avait nommé Mgr Stanislaw Wojciech Wielgus, jusque-là évêque de Plock, comme nouvel archevêque de Varsovie. Mgr Wielgus, né le 23 avril 1939, a été ordonné prêtre en juin 1962 et nommé évêque de Plock en 1999. Il a longtemps été professeur de philosophie à l’Université catholique de Lublin.

Seule une minorité a collaboré

Convaincu d’avoir collaboré avec la SB, la police secrète du régime communiste polonais, Mgr Stanislaw Wielgus, a renoncé sous la pression le même jour où il devait être installé dans sa cathédrale. Le dimanche 7 janvier, il a remis sa démission à moins d’une heure du début de la cérémonie. C’était un choc sévère dans un pays catholique à 90 %, où l’opposition emmenée par le syndicat libre «Solidarité» s’était beaucoup appuyée sur l’Eglise. Selon certains historiens, près de 15% des prêtres polonais ont collaboré avec la police secrète communiste (SB). L’Institut de la mémoire nationale qui est chargé d’enquêter sur les crimes nazis et communistes estime pour sa part que plus de 10% des membres du clergé ont collaboré.

Début 2006, pour la première fois depuis la chute du communisme en Europe de l’Est, l’Eglise polonaise avait fait son mea culpa pour la collaboration de «certains» de ses prêtres avec la police secrète communiste. Elle avait alors demandé pardon aux victimes. «Dans le terrible système (communiste) qui brisait les consciences humaines, certains hommes de l’Eglise ont eux aussi failli aux attentes», avaient ainsi écrit les évêques polonais dans une déclaration. «Nous le regrettons et demandons pardon, surtout auprès de tous ceux qui ont souffert à cause d’eux». (apic/bbc/imedia/be)

28 juin 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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