Sur 1150 prêtres, 37 sont accusés d’abus sexuels en 50 ans

Portland, Oregon: L’archidiocèse a payé 53 millions de dollars pour des abus sexuels

Portland, Oregon, 26 février 2004 (Apic) L’archidiocèse de Portland, Oregon, a payé 53 millions de dollars en règlement de cas d’abus sexuel commis par le clergé, déclare l’archevêque, Mgr John G. Vlazny. Ce dernier a informé tous les paroissiens de l’archidiocèse de Portland des normes de prévention et mesures prises pour éviter de tels cas à l’avenir.

L’archidiocèse de Portland, Oregon, a payé 53 millions de dollars en règlement de cas d’abus sexuel commis par le clergé, déclare l’archevêque, Mgr John G. Vlazny. Un peu plus de 27 millions de dollars ont été payés par les assurances, a-t-il précisé. L’archidiocèse a dû emprunter «de substantielles sommes d’argent, licencier 20 employés et faire des coupures budgétaires pour pouvoir honorer sa part de 26 millions de dollars». Le total de l’accord financier couvre les cas de 133 victimes.

C’est ce qu’a expliqué l’archevêque dans une lettre envoyée aux paroisses, distribuée à tous les catholiques de l’archidiocèse et mise sur son site Internet. Le montant de ces indemnisations est parmi le plus élevé payé par un diocèse américain dans la prise de conscience du clergé en matière d’abus sexuels commis par des prêtres, scandale qui secoue l’Eglise catholique aux Etats-Unis depuis deux ans.

Dans son communiqué de presse, l’archidiocèse de Portland donne l’exemple du Père Baccellieri, accusé il y a 30 ans d’abus sexuels sur des mineurs. Il précise que l’archidiocèse n’a eu, depuis, «aucune plainte pour mauvaise conduite sur des mineures ou d’autres personnes» à déplorer de la part de ce religieux. «Depuis son retour au ministère en 1994, le père Baccellieri s’est montré fidèle et efficace dans sa mission». Il a pourtant été écarté puis mise à la retraite, en 2002, précise le communiqué de l’archevêque de Portland.

La trajectoire d’un prêtre pédophile repenti

Il y a douze ans, l’archidiocèse a eu connaissance des accusations contre ce prêtre, l’impliquant dans des cas de pédophilie avec des garçons, dans les années 1970. Il a été immédiatement suspendu et soumis à une thérapie de deux ans. Après consultation avec son thérapeute, il a été autorisé à rejoindre son ministère, sous conditions, avec un rôle bien délimité et sous étroite surveillance.

Ces douze dernières années, poursuit le communiqué, le statut du Père Baccellieri a été revu. Lorsque l’archevêque, Mgr John G. Vlazny est entré en fonctions en décembre 1997, il a autorisé le prêtre à poursuivre son mandat dans le ministère, dans les limites imposées précédemment. Malgré le fait qu’»aucune conduite inappropriée avec des mineurs» n’ait été relevée et que «l’évolution du père Baccellieri soit jugée positive, l’implication» récemment soulevée «de l’archidiocèse dans des cas d’abus sur des mineurs», des décennies en arrière, a été déterminant, et en juillet 2001, l’archevêque Vlazny l’a envoyé étudier le droit canon dans une université catholique américaine. En juillet 2002, après que les évêques catholiques des Etats-Unis aient adopté une politique extrêmement stricte en matière de pédophilie dans l’Eglise, le Père Baccellieri a été mis à la retraite.

Une lettre pour rassurer tous les paroissiens de l’archevêché

Dans sa lettre aux paroisses, que celles-ci ont pour mission de transmettre à leurs paroissiens, l’archevêque John G. Vlazny assure qu’il veille à la sécurité de chaque enfant et adolescent de l’archidiocèse, en particulier par la mise en application du programme de prévention des abus sexuels dans ses écoles et paroisses.

L’archevêque rappelle encore aux paroissiens que leur archidiocèse a participé à un audit sur cette question et que les conclusions ont été transmises directement à la Conférence des évêques catholiques des Etats- Unis. Il a précisé que les conclusions de l’audit montraient que l’archidiocèse respecte pleinement la Charte de protection des enfants et adolescents ainsi que des normes en matière de lignes de conduite à adopter dans les cas d’accusations d’abus sexuels sur des mineurs, par des prêtres et des diacres, aux Etats-Unis.

Revenant sur les 53 années écoulées, de 1950 à 2003, l’archevêque Vlazny rapporte que 37 prêtres ont été accusés d’abus sexuels sur des mineurs au cours de leur engagement dans l’archidiocèse. Pendant ces 53 années au moins 1150 prêtres y ont été en fonction.

La somme d’environ 26 millions de dollars a été réglée pour ces cas sur les propres fonds de l’archidiocèse. Et les assurances de l’archidiocèse ont réglé la somme additionnelle de 27 millions de dollars. Le plus gros de ces deux sommes a été payé pendant ces quatre dernière années. De son côté l’archidiocèse a dû réduire son équipe et ses budgets dans son centre pastoral et emprunter de substantielles sommes pour honorer les accords d’indemnisation des victimes. (cns/com/apic/vb)

Etats-Unis: Pour les évêques américains, le film de Gibson n’est pas antisémite

Violence trop crue, mais pas d’accusation collective contre les juifs

New York, 26 février 2004 (Apic) La Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis ne partage pas l’accusation d’antisémitisme adressée au film de Mel Gibson, depuis mercredi sur 4’000 écrans à travers tout le pays. Malgré la vaste campagne lancée par les organisations juives américaines, les avis restent mitigés. En Israël, un député du parti ultra-orthodoxe Shas réclame l’interdiction dans le pays et à l’étranger de ce film controversé.

A Manhattan, la Coalition juive Amcha a annoncé vouloir manifester en portant l’uniforme des camps de concentration devant un cinéma de New York. Elle veut chercher ainsi à démontrer que la présentation des juifs dans le film produit le genre de haine qui a conduit à l’holocauste perpétré par les nazis. Le grand rabbin ashkénaze d’Israël, Yona Metzger a dit envisager de faire appel au pape «pour qu’il répare l’effet de ce film mensonger».

Un député israélien veut faire interdire le film

Le député israélien Eli Yishai, ancien ministre de l’Intérieur et actuel président du parti ultra-orthodoxe séfarade Shas, affirme que «La Passion du Christ» propage les accusations de crime rituel. Une dénonciation de ce genre était courante au Moyen Age, quand on accusait les juifs d’utiliser du sang d’enfants chrétiens pour préparer le pain sans levain de la Pâque.

Eli Yishai s’est promis d’intervenir auprès du Ministère israélien des Affaires étrangères pour influencer les gouvernements d’autres pays afin qu’ils interdisent le film «La Passion du Christ». Les accusations que les juifs sont collectivement responsables de la mort du Christ ont entraîné dans l’histoire «la mort de millions de juifs», a-t-il affirmé.

Le Bureau pour le cinéma et la télévision de la Conférence épiscopale américaine trouve des défauts au film, mais il dément qu’il accuse les juifs d’être collectivement responsables de la mort du Christ. Ainsi, il n’arrive pas aux mêmes conclusions concernant les reproches d’antisémitisme.

«Personne ne me l’ôte (ma vie), mais je la donne de moi-même»

Dans le film, écrit l’Office pour le cinéma, le peuple juif n’est en aucun moment blâmé collectivement pour la mort de Jésus. C’est plutôt le Christ qui choisit lui-même son destin, en déclarant: «Personne ne me l’ôte (ma vie), mais je la donne de moi-même» (Jean 10:18). Par extension, relève l’organisme épiscopal, le film de Gibson suggère que toute l’humanité partage la culpabilité de la crucifixion, le Christ ayant été crucifié pour nos transgressions.

La doctrine catholique dit bien que Jésus a donné sa vie pour nous, rappelle pour sa part le cardinal Edward Egan, archevêque de New York, qui a écrit à toutes les paroisses pour souligner que les juifs n’étaient pas responsables de la mort de Jésus. «Personne ne lui a pris sa vie. Ceci a toujours été la doctrine catholique.»

Les interprétations pourront être différentes

L’Office catholique pour le cinéma et la télévision, basé à New York, dénonce un certain nombre de défauts du film, en particulier les images brutales de violence, beaucoup trop fortes pour des enfants. Pour le Bureau épiscopal, «La Passion du Christ» signifiera des choses différentes selon les divers backgrounds du public. Il lui a attribué la classification «A», pour adultes, tandis qu’il est classé «R» (restricted) par la MPAA (Motion Picture Association of America) en raison de ses scènes crues de violence. (apic/cns/haar/be)

26 février 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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