Pour la dignité des personnes séropositives

Porto Alegre: Capucins et Filles de Marie-Auxiliatrice présents au Forum Social Mondial

Porto Alegre 27 janvier (APIC) Parmi les nombreux religieux présents au Forum Social Mondial (FSM), se trouvent les capucins et Filles de Marie- Auxiliatrice de Porto Alegre. Engagés dans la lutte contre le sida, ils défendent le dignité de la personne séropositive. Le but de leur présence au FSM est de dépasser les préjugés moraux qui entourent le sida et viennent encore alourdir le fardeau des malades.

La Maison «Fonte Colombo» a Porto Alegre dirigée par Frère Jose Bernardi, est un centre de soutien pour les personnes séropositives. La communauté, formée de quatre Frères, travaille en collaboration étroite avec les Filles de Marie-Auxiliatrice de Porto Alegre. Deux jeunes en formation et une religieuse psychologue assurent un service hebdomadaire comme volontaires pour habituer ces personnes – dont la plupart sont des jeunes femmes de 19 à 30 ans – à accepter leur maladie. La maison, ouverte en 1999, est le résultat d’un choix social du Chapitre provincial des capucins tenu en 1996.

Dans tout le Brésil on compte plus de 600’000 malades. «Rien qu’en trois ans, ici dans le sud, nous avons accompagné 20’000 malades en phase terminale, dont la plus âgée a 58 ans et la plus jeune 15». Dans cet accompagnement, continue Frère Jose – qui enseigne à l’Université théologique ESTEF l’Histoire de l’Eglise antique et fait partie de la Commission nationale pour les porteurs séropositifs – notre priorité est de «susciter l’estime de soi chez chaque personne».

Lutter contre les préjugés et la culpabilité

Au Forum Social Mondial, on a confié aux Frères Mineurs un laboratoire dans le domaine de la santé sur la contribution de l’Eglise en matière de sida. Frère José espère que les préjugés qui entourent le sida soient dépassés pour permettre au malade de ne plus «sentir sa maladie comme une faute». Le capucin explique qu’une «grande partie de l’opinion publique brésilienne considère le sida comme un châtiment».

Des prostituées parmi les malades, mais aussi beaucoup de filles de bonne famille

L’équipe de la «Fonte Colombo», dont font partie des infirmières et des médecins, insiste beaucoup sur la prévention. La drogue et les relations sexuelles sont les causes les plus fréquentes de la contagion, explique Frère Jose. Dans ce cas, il ne s’agit pas le plus souvent de femmes qui se prostituent, mais qui appartiennent à des familles honorables.

Il y a cependant des cas dus au sexe qui se consomme chaque nuit rue Voluntarios à Porto Alegre, où des préadolescentes sont placées à partir de 22 heures afin d’attirer des hommes sans scrupules, pour ne gagner que 15% du tarif. Le reste est remis à la «cafetina», c’est-à-dire à la femme ou à l’homme qui ont acheté leurs corps. «Et là on se trouve dans une impasse», déplore Frère Jose. (apic/vid/sh)

27 janvier 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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