Mais le constat est vieux comme le monde, ou presque
Porto Alegre: La pauvreté? Une fabrication des hommes
Porto Alegre, 19 février 2006 (Apic) La pauvreté n’est pas un accident. Elle est le produit de structures économiques injustes que les Eglises doivent s’efforcer de réformer. Tel est l’appel lancé par un économiste ougandais aux responsables d’Eglise réunis pour débattre de la justice économique, dans le cadre de la neuvième Assemblée du Conseil oecuménique des Eglises (COE), qui se tient au Brésil du 14 au 23 février.
«La pauvreté n’est pas un phénomène naturel, mais elle est le fruit d’une politique délibérée et les Eglises doivent interpeller les institutions économiques qui créent et perpétuent ces politiques», a lancé le 16 février aux journalistes Yashpal Tandon, secrétaire exécutif du Centre Sud à Genève, une équipe qui examine les questions liées au commerce et au développement économique en Afrique. Selon lui, la pauvreté est «fabriquée par ceux qui contrôlent les marchés».
Le COE, qui n’a cessé de s’exprimer sur les questions de justice économique durant ses 58 années d’existence, avait déclaré lors de sa huitième Assemblée en 1998 qu’»à la logique de la mondialisation, il faut opposer une nouvelle manière de vivre la communauté dans la diversité».
Depuis cette rencontre à Harare, au Zimbabwe, une Commission du COE a mis en place un processus qui vise à oeuvrer en faveur de la justice dans les relations commerciales internationales; à faire campagne pour des prêts responsables et pour l’annulation inconditionnelle de la dette; à promouvoir l’utilisation durable de la terre et des ressources naturelles; des réformes foncières; des emplois décents et un travail émancipé et des moyens de subsistance convenables; à garantir l’accès à l’alimentation, a l’eau et aux services publics.
On en est loin. Et pourtant des années se sont écoulées entre Harare et Porto Alegre. (apic/eni/pr)




