Le siècle nouveau sera oecuménique, ou ne sera pas
Potsdam: Culte d’ouverture du Comité central du COE
Potsdam, 29 janvier 2001 (APIC) Plus de 1’000 chrétiens d’Allemagne et du monde entier ont assisté dimanche soir au culte d’ouverture de la réunion des 158 membres du Comité central du Conseil œcuménique des Eglises, qui se tient du 29 janvier au 6 février à Potsdam, dans la partie Est de l’Allemagne.
Dès la fondation du COE peu après la seconde guerre mondiale, le soutien des Eglises protestantes allemandes à l’organisation a été constant. Dans une allocution de bienvenue prononcée la nuit dernière à Potsdam, Manfred Stolpe, Premier ministre de l’Etat de Brandebourg, dont la capitale est Potsdam, a souligne que le mouvement oecuménique avait contribué «de façon décisive» à la révolution pacifique de 1989, qui a renversé le régime communiste et conduit à la chute du mur de Berlin.
La réunification de l’Allemagne n’a pas affaibli le soutien des Eglises allemandes au mouvement œcuménique: environ 40 % des fonds du COE proviennent d’Allemagne. Dans son allocution, le président du Comité central du COE, le catholicos Aram ler, de l’Eglise apostolique arménienne, a du reste rendu hommage a l’appui «remarquable» de l’Allemagne au COE
L’évêque Christoph Klein, de l’Eglise evangélique de la Confession d’Augsbourg de Roumanie, a rappelé qu’il y avait «beaucoup de demeures» dans la maison que Jésus avait préparée: «Tous ceux qui habitent ces demeures font néanmoins partie de la maisonnée; ils se rencontrent, sont solidaires et complémentaires les uns des autres, pratiquent le partage». L’oecuménisme, a-t-il dit, est essentiel «à l’expression de notre foi commune en Jésus Christ».
Questions sensibles
Les membres du Comité central, qui représentent 337 Eglises de tous les continents, devront se pencher sur les relations du COE avec ses Eglises orthodoxes membres, plus conservatrices du point de vue liturgique et théologique que la plupart des Eglises protestantes occidentales du COE.
La réunion de Potsdam examinera aussi sur le rôle des Eglises et du mouvement oecuménique durant la guerre froide. Ces dernières années, le COE a dû faire face aux allégations selon lesquelles l’organisation aurait été infiltrée par les services secrets d’Europe de l’Est. La question est particulièrement délicate en Allemagne, où la publication des dossiers de l’ancienne police secrète est-allemande – la Stasi – a montré que celle-ci visait systématiquement les gens d’Eglise.
Une autre question figurant à l’ordre du jour portera sur les effets de la mondialisation économique sur les pays les plus défavorisés.
Un des traits positifs de la rencontre sera le lancement de la «Décennie vaincre la violence: les Eglises en quête de réconciliation» (2001-2010), qui sera inaugurée officiellement le 4 février à Berlin. La Décennie est une initiative du COE, une «tentative de surmonter la violence et les divisions qui déchirent nos sociétés et de répondre au désir ardent de paix et d’une vie dans la dignité pour les générations futures… Ainsi conçue, elle prendra forme au travers de la participation des Eglises et de leurs initiatives», le COE jouant le rôle de soutien et de communicateur. (apic/eni/pr)



