Suisse : Le Conseil national préfère la défense de l’industrie d’armement à la protection des droits humains

Pour Alliance Sud la Suisse met sa réputation en danger

Berne, 6 mars 2014 (Apic) Alliance a vivement déploré la décision du 6 mars 2014 du Conseil national d’assouplir les conditions d’exportation de matériel de guerre. Malgré la présence d’armes suisses en Syrie, en Lybie et en Ukraine, la Suisse met en danger sa réputation internationale en tant que héraut de la tradition humanitaire, de la paix, de la démocratie et des droits humains, note la coalition des œuvres d’entraide.

C’est par la voix prépondérante de son président, le démocrate chrétien lucernois Ruedi Lustenberger, que le Conseil national a décidé d’assouplir l’ordonnance sur le matériel de guerre. « Les ventes d’armes aux pays en développement les plus pauvres et à des gouvernements qui violent les droits humains de façon grave et systématique vont pouvoir ainsi compenser la baisse du marché en Europe », relève Alliance Sud.

Pour la coalition des œuvres d’entraide, il est absurde de protéger ainsi cette part extrêmement mineure de l’industrie qui représente seulement 0,33% du total des d’exportations suisses. Au lieu d’apporter une contribution durable à la paix dans le monde, la Suisse préfère s’assurer ainsi la poursuite « du dernier grand marché de matériel de guerre en pleine croissance, l’Arabie Saoudite. »

Avec 56,7 milliards de dollars, l’Arabie saoudite était en 2012 au 7e rang mondial des dépenses d’armement. Or le royaume figure aussi dans la liste de tête des pays qui violent les droits humains, en matière de discrimination des femmes, d’exploitation de travailleurs étrangers, de liberté religieuse ou de droit d’expression.

Des armes suisses en Syrie, en Lybie et en Ukraine

Même avec l’ordonnance plus stricte en vigueur jusqu’à maintenant, «aucun office fédéral n’a empêché que le matériel de guerre exporté vers l’Arabie saoudite ne fasse son apparition dans les foyers de crise que sont la Syrie et la Libye, ou qu’à l’aide de chars d’assaut Mowag et de fusils de précision suisses les mouvements pro-démocratiques à Bahreïn et en Ukraine ne soient réprimés », déplore Alliance Sud.

En 2013, le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) a autorisé 2’261 requêtes pour une valeur de 2,1 milliards de francs. Il n’en a refusé que quatre pour une valeur de 700’000 francs. Le fait que les exportations réelles, soient tombées en 2013 de 700 à 461 millions de francs n’a que très peu à voir avec une ordonnance « trop stricte ». Il résulte essentiellement du fait que les autorisations accordées ne sont souvent réalisées qu’au cours des années suivantes ou que le financement ne soit simplement plus assuré par les acheteurs. (apic/com/mp)

6 mars 2014 | 14:26
par webmaster@kath.ch
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