Pour Amnesty International, «les droits humains garantissent le droit de porter ou non des symboles religieux»

Suisse: Le Tessin votera le 22 septembre 2013 sur l’interdiction de la burqa

Bellinzone, 19 septembre 2013 (Apic) Les Tessinois seront les premiers en Suisse, si ce n’est dans le monde, à se prononcer sur l’interdiction de la burqa le dimanche 22 septembre 2013. Amnesty International a dénoncé cette initiative populaire soumise au peuple, qui a récolté en 2011 quelque 12’000 paraphes, la qualifiant «d’atteinte à la liberté individuelle».

La burqa et le niqab ne sont désignés que de manière implicite dans le texte de l’initiative populaire sur laquelle les citoyens du Tessin se prononceront le 22 septembre 2013. Le libellé parle d’interdire «la dissimulation du visage dans les lieux publics». Le texte vise donc aussi les hooligans et les manifestants cagoulés pour des raisons de sécurité.

Mais Giorgio Ghiringhelli (parti bourgeois «Il guastafeste»), à l’origine de la campagne, a admis que ses revendications visaient surtout l’interdiction du port du voile intégral, soit la burqa et le niqab. Selon lui, «personne ne peut voiler ou dissimuler son visage dans les rues et les parcs publics» et «personne ne peut forcer un tiers à se voiler en raison de son sexe». Il souhaite que ces mots soient ancrés dans la constitution cantonale.

Exigences inutiles

Le Conseil d’Etat a répliqué en qualifiant ces exigences d’inutiles et de contre-productives, vu que personne ne porte de tels voiles au Tessin. Selon lui, l’interdiction pourrait décourager les femmes à apparaître en public.

Le gouvernement estime toutefois qu’il est sensé de prohiber le port du voile dans les événements sportifs et les manifestations. La sécurité pourrait ainsi être améliorée et le travail de la police facilité.

Le Conseil d’Etat a présenté un contre-projet, approuvé par le Grand Conseil. Au niveau du contenu, les deux textes ne présentent que peu de différences. On ne retrouve pas l’interdiction explicite de forcer un tiers à se voiler en raison de son sexe dans le contre-projet. Celui-ci énumère à la place une série d’exceptions où la loi ne s’applique pas, parmi lesquelles le port de vêtements de protection et de costumes.

Une atteinte à la liberté individuelle

Manon Schick, directrice de la Section suisse d’Amnesty International (AI), a dénoncé dans une tribune du 17 septembre 2013 un débat biaisé sur la burqa au Tessin. Selon elle, «il est clair que personne ne devrait être forcé à porter un type déterminé de vêtement, que ce soit par un Etat ou par des particuliers. C’est une atteinte à la liberté individuelle. Mais interdire à quelqu’un de montrer publiquement son appartenance religieuse est aussi une atteinte à cette liberté. Les droits humains garantissent le droit de porter ou non des symboles religieux». (apic/ag/cw)

20 septembre 2013 | 12:05
par webmaster@kath.ch
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