Turquie: Le patriarche œcuménique Bartholomée Ier publie une encyclique de carême
Pour appeler à l’unité de l’Eglise et à l’œcuménisme: influence grecque freinée
Genève, 22 février 2010 (Apic) Le patriarche œcuménique Bartholomée Ier, «premier parmi ses pairs» dans la hiérarchie des 300 millions de chrétiens orthodoxes, a écrit une encyclique de carême mettant l’accent sur la nécessité d’une plus grande unité pour les Eglises. Ce faisant, il s’oppose ainsi aux revendications de certains de ses évêques, grecs, notamment, qui affirment que l’œcuménisme est une hérésie.
Dans sa lettre de carême, lue dans les églises orthodoxes du monde entier le 21 février, Bartholomée dit que «l’orthodoxie doit être en dialogue permanent avec le monde. L’Eglise orthodoxe n’a pas peur du dialogue, car la vérité, non plus, ne le craint pas».
Dans sa lettre, parue dans le cadre de la fête du Dimanche de l’orthodoxie, il y affirme que «si l’orthodoxie se replie sur elle-même et ne discute pas avec ceux du dehors, non seulement elle faillira à sa mission, mais encore elle sera transformée: d’Eglise «catholique» et «d’envergure œcuménique» qu’elle est, elle deviendra un groupe introverti et présomptueux, un «ghetto» en marge de l’histoire».
Un responsable orthodoxe a indiqué à ENI que la lettre du patriarche œcuménique a qualifié d’importante cette lettre, car «elle affirme sans équivoque un attachement au mouvement œcuménique, et ceci en dépit des nombreuses pressions exercées par certains milieux d’Eglise farouchement opposés à l’unité des Eglises mondiales».
En 2009, un groupe de représentants du clergé orthodoxe de Grèce, emmené par trois archevêques conservateur avait publié un manifeste promettant de résister à tout lien œcuménique avec les catholiques romains et les protestants. Le groupe avait affirmé: «La seule manière de restaurer notre communion avec les hérétiques, c’est de les voir renoncer à leur illusion et se repentir.»
Les archevêques à l’origine du manifeste, qui relèvent de l’autorité du Patriarcat de Constantinople, ont déclaré dans leur document qu’ils souhaitent préserver «de façon immuable et sans altération» la foi orthodoxe que l’Eglise primitive avait «démarquée et fixée» et éviter toute communication «avec ceux qui innovent en matière de foi.»
Dans sa lettre de carême, le patriarche Bartholomée Ier affirme en revanche que «l’orthodoxie est aujourd’hui appelée à poursuivre ce dialogue avec le monde extérieur pour donner de nouveau son témoignage et le souffle vivifiant de sa foi». (apic/eni/pr)



