Egypte Les salafistes sont toujours influents dans le pays (Photo:  Jacques Berset)
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Egypte Les salafistes sont toujours influents dans le pays (Photo: Jacques Berset)

Pour contrer le fanatisme, des femmes prêchent dans les mosquées d'Egypte

06.07.2017 par Jacques Berset

Pour contrer les idées fanatiques, le Ministère égyptien des biens religieux (ministère des Waqfs) a nommé 144 femmes pour prêcher dans différentes mosquées du Caire, la capitale du pays. Elles doivent être agréées par Al-Azhar, l’institution de référence pour les sunnites du monde entier.

Ces prédicatrices, qui s’ajoutent aux 43 déjà en activités, sont  chargées de fournir aux musulmanes des informations reli­gieuses dans un esprit de modération et leur parler des sujets les plus sensibles.

Une initiative du Ministère des biens religieux

Leur nombre devrait passer prochainement à 2’000 pour couvrir les besoins dans les mosquées de l’Etat dans d’autres gouvernorats, selon Mohamad Mokhtar Gomaa, ministre des Waqfs, cité par Al-Ahram Hebdo.

Le site internet égyptien relève que le but de ces engagements est de s’adresser directement aux femmes à travers des prêches dans les mosquées. Il s’agit notamment de “corriger les idées fausses sur l’islam”, d’autant plus que la plupart des femmes n’assistent habituellement pas aux prêches du vendredi. Ainsi, 144 prêcheuses sont venues s’ajouter aux 43 précédemment nommées, afin de faire de la prédication dans les mosquées de l’Etat.

Licence de prêche délivrée par Al-Azhar

Ces prédicatrices, pour obtenir leur licence de prêche, doivent avoir des connaissances en matière de théolo­gie et avoir réussi l’examen imposé par Al-Azhar. Elles doivent pouvoir expliquer les “hadiths”, les paroles du prophète Mohammed rapportées par ses compagnons, et pouvoir mémoriser les trois parties du Coran concernant les femmes et la famille. Plus de 7’000 femmes attendent d’obtenir le poste de prédicatrices et espèrent être sélectionnées.

Prêches sous contrôle

Le ministère des Waqfs veut empêcher que des femmes fassent des prédications dans les mosquées sans autori­sation et sans avoir étudié à Al-Azhar.

Avoir accès à une prédicatrice permet aux femmes d’aborder des sujets intimes “en toute liberté, sans complexe et avec pudeur”, relève Al-Ahram Hebdo. Le fanatisme serai en recrudescence dans les quartiers populaires, raison pour laquelle le ministère des Waqfs envoie périodi­quement des inspecteurs dans les mos­quées où se trouvent les prêcheuses. Ils vérifient les thèmes abordés et éliminent celles qui nuisent aux idées modérées de l’islam.

Renfor­cer l’unité nationale

Le Conseil national de la femme, en coopération avec le ministère des Waqfs et les trois Eglises égyptiennes, a lancé l’initiative de Tarq Al-Abwab (frapper aux portes). Cette initiative a pour objectif de rassembler des prédicatrices musulmanes et des femmes appartenant aux Eglises chrétiennes dans des réunions mixtes, dans le but de renfor­cer l’unité nationale en créant un espace commun entre les femmes de cultes dif­férents. (cath.ch/alahram/be)


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