Suisse : Les soins aux personnes âgées sous la loupe de la Conférence Femmes de la FEPS

Pour des proches moins surmenés

Berne, 26 mars 2014 (Apic) Comment alléger le fardeau des femmes qui prennent soin de proches âgés ? La Conférence Femmes de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) s’est penchée le 24 mars 2014 sur la question des soins à domicile des seniors. Après les analyses des deux expertes invitées, les quelques 50 déléguées venues de toutes les régions de Suisse ont pu échanger leurs expériences et découvrir des projets.

Les personnes qui prennent soin d’un parent âgé doivent souvent être disponibles 24h sur 24, sept jours sur sept et douze mois par an, a rappelé Pasqualina Perrig-Chiello, professeure en psychologie à l’Université de Berne. Dans la majorité des cas, ce sont des femmes, a souligné Regine Munz, privat-docent en théologie systématique à l’Université de Bâle et aumônière en psychiatrie, invitée à donner la deuxième conférence de la journée.

Selon une étude publiée en 2012 par Pasqualina Perrig-Chiello et François Höpflinger, un conjoint soignant à domicile son épouse ou son époux fournit en moyenne quelque soixante heures de soins par semaine, un enfant qui soigne un parent y consacre entre vingt et trente heures. Ces soignants bénévoles n’ont en outre que rarement quelqu’un qui puisse prendre le relais en cas de besoin, à part les fils qui peuvent compter sur une conjointe pour les seconder.

Surmenage et abus

C’est pourquoi les soignants de proches âgés courent un fort risque de surmenage, physique et psychique, voire une dépression, en particulier la génération « sandwich », entre 40 et 60 ans, qui s’occupe à la fois de ses parents et de ses enfants, a souligné Mme Perrig-Chiello. Et le problème n’ira pas en diminuant étant donné l’espérance de vie et la volonté de rester chez soi le plus longtemps possible.

Face au surmenage des proches soignants, de plus en plus de familles suisses ont donc recours à une aide à domicile privée. Ces aides sont très souvent des femmes originaires des pays d’Europe de l’Est, qui acceptent de travailler à des conditions bien en-dessous de la moyenne suisse, voire abusives.

Tant ces abus que le surmenage des personnes qui prennent soins d’un proche sont problématiques et doivent être thématisés aussi dans l’Eglise, ont conclu les participantes à la Conférence. Concrètement, les groupes de bénévoles qui prennent pour quelques heures le relais d’un proche soignant pourraient être multipliés dans les paroisses. Les projets alternatifs de vie en commun dans le grand âge, qui respectent à la fois le besoin à la vie privée et le besoin de soins, doivent également être encouragés. (apic/com/mp)

26 mars 2014 | 14:40
par webmaster@kath.ch
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