Sion: Réactions à la démission de Mgr Norbert Brunner comme évêque de Sion

Pour l’abbé Salamolard : une demi suprise

Sierre, 5 juin 2013 (Apic) Pour l’abbé Michel Salamolard, la renonciation de Mgr Brunner n’est qu’une demi-surprise. «Depuis quelque temps, on sentait une tension certaine entre les attentes des fidèles, y compris celles de nombre d’agents pastoraux, d’une part, et la ligne de direction de Mgr Brunner, d’autre part. Je suis heureux que l’évêque ait eut le courage d’en tirer les conclusions. Je l’ai immédiatement félicité pour cela», a-t-il répondu à l’apic.

L’abbé Salamolard est aussi frappé par la similitude des termes entre la renonciation de Mgr Brunner et celle du pape Benoît XVI. «Je vois aussi une part de lucidité. Il se rend compte que sa longue expérience, plutôt administrative, ne suffit plus pour lui «permettre d’accomplir les tâches inhérentes au ministère épiscopal d’aujourd’hui et pour relever les défis qui en découlent». C’est en des termes étonnamment proches que Benoît XVI avait motivé sa renonciation à la charge papale. Ce qui est intéressant, dans les deux cas, est que le motif principal n’est pas la santé ni la lassitude, ni le souhait d’un repos mérité, mais bien l’accomplissement adéquat de la charge, dans une situation nouvelle, exigeante. Mgr Brunner, comme Benoît XVI, s’efface afin qu’un autre, plus apte, soit revêtu de sa charge et puisse relever les nouveaux défis.»

Un administrateur soucieux du droit canon

Pour Michel Salamolard, Mgr Brunner aura été avant tout un administrateur, soucieux d’appliquer et de faire appliquer le droit canon. Il aura été «un homme aux décisions tranchées et souvent tranchantes, comme il sied à un administrateur. Une attitude plus pastorale aurait souvent mieux convenu. Elle aurait contribué aussi bien au bonheur des diocésains qu’à celui de l’évêque.»

La charge qui pèse sur les épaules d’un évêque est subjective, estime l’abbé Salamolard. Elle dépend avant tout de certaines capacités de l’évêque. Il doit d’abord bien s’entourer de collaborateurs compétents et différents de lui, qui tout en étant loyaux ne soient pas des béni-oui-oui. Ses autres conseils sont de ne pas se prendre la tête, de ne pas être encombré de lui-même ; de bien placer ses priorités dans la pastorale et non dans l’administration ; et enfin de miser sur le relationnel basique avec les gens et les collaborateurs plutôt que sur le rapport purement hiérarchique.

L’abbé Salamolard conclut en souhaitant une révision des institutions diocésaines et du gouvernement ecclésiastique, car toutes les structures ont tendance à se scléroser. «Dans le diocèse de Sion, une telle révision est urgente». (apic/mp)

5 juin 2013 | 14:17
par webmaster@kath.ch
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