Pour le cardinal Hollerich, la question des femmes prêtres n’est pas enterrée
«Je ne peux pas imaginer, à long terme, comment l’Église pourrait subsister si la moitié du peuple de Dieu souffrait de ne pas avoir accès au ministère ordonné», a déclaré le cardinal Hollerich. L’archevêque de Luxembourg estime qu’en Occident, une très grande majorité des femmes est en faveur de ce développement.
«J’ai également appris, en tant qu’évêque, que ce n’est pas seulement une revendication de quelques associations de femmes de gauche», a relevé le cardinal Hollerich à propos de l’ordination presbytérale des femmes. Le prélat luxembourgeois s’est exprimé ainsi lors d’un symposium, à Bonn, le 19 mars 2026, intitulé «Synodalité et Praedicate Evangelium – deux éléments fondamentaux de la réforme de l’Église du pape François», rapporte l’agence allemande KNA. Le cardinal Jean-Claude Hollerich a joué un rôle majeur dans le Synode sur la synodalité, à Rome.
L’archevêque a admis avoir lui-même été plus conservateur sur cette question par le passé, mais aurait changé d’avis. Il a également constaté que l’accès à la prêtrise pour les femmes était largement soutenu par ces dernières. «Lorsque je parle aux femmes dans les paroisses, 90% d’entre elles partagent ce point de vue.» Un aspect dont les évêques devraient tenir compte.
Appel à la patience
L’archevêque de Luxembourg a toutefois appelé à la patience, relevant qu’il s’agissait surtout d’une préoccupation dans l’Église occidentale. Pour les femmes issues d’autres cultures, l’ordination sacerdotale est un «problème artificiel (…) C’est aussi une réalité que nous devons accepter.» Il faudra encore du temps avant que cette question soit abordée de la même manière dans toutes les cultures.
Pour le cardinal, une étape importante a été franchie avec la réforme de la Curie menée par le pape François (2013-2025) dans l’esprit de sa constitution apostolique Praedicate Evangelium, qui permet aux femmes d’occuper des postes de direction au sein de la Curie romaine.
Selon lui, la pratique se poursuivra sous le pape Léon XIV. En principe, il faudrait que les femmes puissent participer à la direction de l’Église partout où cela est possible. «Ce serait mon souhait le plus cher que toute l’Église s’en réjouisse», a souligné le Luxembourgeois. (cath.ch/kna/rz)





