Pour le gouvernement chinois, la contestation de Rome est «scandaleuse»

Chine:Vive protestation du Vatican contre les ordinations illicites d’évêques par Pékin

Harbin (Chine), 5 juillet 2012 (Apic) En réponse à une note du Vatican protestant contre l’ordination illicite d’un évêque, l’Etat chinois qualifie l’avertissement du Saint-Siège d’»extrêmement scandaleux et choquant», rapporte l’agence d’information catholique asiatique Ucanews. Pékin refuse toute ingérence et avertit qu’il continuera les ordinations.

Les autorités de Pékin ont agendé, pour le 6 juillet 2012, l’ordination épiscopale illicite du Père Yue Fusheng, à Harbin, au nord de la Chine. La Congrégation romaine pour l’évangélisation des peuples, dans une note publiée le 3 juillet, a rappelé que la nomination des évêques ne peut se faire sans mandat papal. Un tel acte violerait la loi de l’Eglise, le désir particulier de Benoît XVI et des catholiques chinois en général. Elle menacerait l’avenir de l’Eglise du pays. Tout prélat qui y participerait serait en outre automatiquement excommunié.

Pékin veut continuer les ordinations

L’Administration d’Etat chinoise pour les affaires religieuses rétorque que la note est «scandaleuse et choquante» et que «toute accusation ou ingérence dans les activités religieuses normales sont une atteinte à la liberté de religion et à la tolérance. Ceci est nuisible au sain développement de l’Eglise catholique en Chine et à l’Eglise universelle. Nous espérons que le Vatican respectera les souhaits des fidèles et du clergé chinois et arrêtera de les menacer d’une prétendue excommunication». La déclaration précise qu’en l’absence d’un accord formel entre Pékin et le Vatican, les «auto-ordinations» continueront.

Les autorités chercheraient à détruire l’Eglise catholique en Chine

Un observateur de l’Eglise, basé à Hong Kong, explique que le gouvernement chinois a totalement politisé le processus d’ordination des évêques catholiques. Le gouvernement s’arrogerait également le droit d’adapter à sa guise la doctrine de l’Eglise. L’expert souligne que «ces procédés tendent à détruire l’Eglise catholique en Chine pour établir quelque chose de nouveau. De tels actes violent la Constitution chinoise et l’unité des croyants catholiques, du moment que les évêques, le clergé et les fidèles veulent être réunis à l’Eglise universelle.» (apic/ucanews/rz)

5 juillet 2012 | 12:01
par webmaster@kath.ch
Partagez!