Ouzbékistan: Des chrétiens empêchés d'enterrer leurs morts dans les cimetières publics

Pour les imams, les non musulmans ne peuvent côtoyer des musulmans dans la mort

Tachkent, 28 avril 2014 (Apic) Des cas d’imams refusant, avec le soutien des autorités locales, de laisser des chrétiens enterrer leurs proches dans des cimetières publics ont surgi ces dernières semaines en Ouzbékistan. Les religieux islamiques ont estimé que des non musulmans ne pouvaient pas reposer aux côtés de musulmans.

Les trois cas les plus récents ont impliqué des familles d’anciens musulmans convertis au protestantisme, relate le service d’information sur la liberté religieuse en Asie Centrale «Forum 18», relayé le 28 avril 2014 par l’agence d’information catholique «AsiaNews». L’affaire la plus récente concerne la famille d’un chrétien de 68 ans, décédé début avril dans un village proche de Tachkent, la capitale ouzbèke. L’imam local a refusé son inhumation dans le cimetière municipal, maudissant de surcroît sa famille. Les plaintes des proches auprès des autorités sont restées sans réponse.

Dans la culture des peuples d’Asie Centrale, le fait d’être enterré près de ses proches, avec la participation de la communauté locale est très important, explique «AsiaNews».

Liberté religieuse sous contrôle

Deux cas similaires se sont récemment produits dans la région du Karakalpakstan, au nord-ouest du pays. Les autorités locales ont forcé les familles de deux protestants à inhumer leurs défunts dans un cimetière orthodoxe russe. Dans ces cas également, des imams étaient à l’origine du rejet des défunts du cimetière public.

La liberté religieuse en Ouzbékistan est soumise à un strict contrôle gouvernemental, indique «AsiaNews».

88% des habitants du pays sont des musulmans sunnites. Les chrétiens représentent 8% de la population. (apic/asian/rz)

28 avril 2014 | 17:34
par webmaster@kath.ch
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