Brésil: Des théologiens et des économistes préconisent un nouveau système financier
Pour mettre un frein à l’avidité
Sao Paulo, 8 octobre 2012 (Apic) Les Eglises chrétiennes veulent mettre un frein à l’avidité économique. Des théologiens et des économistes ont participé à une Conférence œcuménique mondiale sur le sujet du 29 septembre au 5 octobre 2012 à Guarulhos, une banlieue de São Paulo au Brésil. Organisée par la Communion mondiale d’Eglises réformées (CMER) avec le Conseil œcuménique des Eglises (COE) et le Conseil pour la mission mondiale (CWM), la rencontre a eu pour objectif d’élaborer les principes économiques et financiers en vue de la création d’un nouveau système économique mondial. Les participants ont publié une déclaration qui pointe la surconsommation et l’avidité comme facteurs clé auxquels s’attaquer pour une distribution plus équitable des ressources dans le monde.
«Les gouvernements et les institutions internationales devraient remplacer par d’autres indicateurs la croissance par le PIB, servant aujourd’hui d’indicateur principal pour mesurer le progrès économique. Ceux-ci devraient être la croissance au niveau du travail décent, des indicateurs de qualité et de quantité dans le domaine de la santé et de l’éducation, ainsi que des mesures concernant la durabilité environnementale», dit le document.
Le droit d’accès à la communication réaffirmé
La déclaration a été publiée le 5 octobre au moment de conclure la Conférence. Parmi les critères pour une nouvelle architecture économique et financière, les participants comptent sur l’inclusion sociale, la justice entre hommes et femmes, la sauvegarde de l’environnement et des mesures concrètes pour limiter l’appât du gain.
Le texte recommande une série d’actions, y compris la création d’un institut œcuménique de gouvernance, d’économie et de management ainsi que la mise sur pied d’une commission mondiale. Son objectif serait de donner suite au travail de la Commission d’experts sur les réformes du système monétaire et financier international, présidée par l’économiste américain Joseph Stiglitz.
Le droit d’accès aux moyens de communication, permettant aux communautés locales d’accéder à l’autonomie en développant des alternatives aux structures actuelles d’ordre financier et économique, a été réaffirmé.
Des alternatives claires aux modèles en vigueur
Omega Bula de l’Eglise Unie du Canada, qui présidait le groupe de rédaction, a affirmé que l’importance du document réside dans le fait qu’il offre des alternatives claires aux modèles actuellement en vigueur.
Selon Rogate Mshana, qui est à la tête du programme du COE sur la richesse, la pauvreté et l’écologie, «la proposition la plus pertinente à laquelle on devrait donner suite par un groupe représentatif de personnes est le remplacement du Fonds monétaire international (FMI) par une Organisation monétaire internationale (OMI) démocratique et la création d’une réserve monétaire internationale alternative».
Pour une économie au service de la vie
Walter Altmann, modérateur du Comité central du COE, souligne qu’»il existe désormais une base commune pour les peuples et les Eglises du monde, précisément parce que la crise financière a manifesté une force dynamique qui affecte profondément les conditions de vie des gens partout dans le monde».
«Je souhaite que vous puissiez voir dans cette journée le commencement d’une époque nouvelle de passage à l’action», a déclaré Setri Nyomi, secrétaire général de la CMER. «J’ai l’espoir que l’engagement qu’ensemble nous venons de prendre sera le premier pas pour mettre en place une économie au service de la vie, contrastant avec le système que le monde a connu jusque-là.» (apic/coe/com/rz)



