Suisse

Pour Mgr de Raemy, l'unité est le «miracle permanent de l'Eglise»

Malgré les fossés culturels, les Pères synodaux ont su garder «l’unité dans la foi», a affirmé Mgr Alain de Raemy, évêque auxiliaire de Lausanne, Genève et Fribourg (LGF), présent au synode sur ›les jeunes, la foi et le discernement vocationnel’, le 29 octobre 2018.

Avant toute chose, le représentant au synode de la Conférence des évêques suisses (CES) a été marqué par «l’humilité» des Pères synodaux. Ceux-ci, a-t-il confié à l’agence I.Media, se sont montrés à l’écoute, sans agir comme «s’ils savaient déjà tout». Cela a permis une grande unité au long des travaux du synode, s’est réjoui le prélat.

Cette «unité dans la foi», a-t-il poursuivi, a été possible malgré la diversité des expériences et des contextes culturels des évêques. Par exemple, a-t-il illustré, les questions autour du rôle de la femme ou l’homosexualité sont des sujets appréciés différemment selon les cultures. Mais, a-t-il estimé, «la foi a permis d’unir» les vues dans le document final. C’est «le miracle permanent de l’Eglise», s’est enthousiasmé Mgr de Raemy.

Quelques critiques méthodologiques

Toutefois, a-t-il tempéré, quelques critiques méthodologiques peuvent être faites sur le synode. Ainsi, «la question synodale a été celle traitée le moins synodalement», a-t-il déclaré avec humour. En effet, si le document final «insiste» particulièrement sur la synodalité, celle-ci n’a pas vraiment été l’objet des échanges au cours du synode, a détaillé l’évêque suisse. Cela explique selon lui les nombreux votes contre les paragraphes consacrés à cette question. Le paragraphe 121 sur «la forme synodale de l’Eglise» a ainsi reçu 21% de votes négatifs.

Par ailleurs, l’évêque auxiliaire de LGF a estimé qu’un «debriefing» post-synodal serait judicieux, afin de donner des conseils sur le fonctionnement et le déroulement de l’assemblée. Le prélat a formulé cette proposition auprès du Secrétariat général du Synode.

Relancer un Conseil des jeunes qui soit «un filtre jeunesse»

Après cette expérience synodale et de retour en Suisse, Mgr de Raemy compte «relancer» le Conseil des jeunes mis en place au niveau de la CES. Pour le prélat, cet organisme pourrait agir comme «un filtre jeunesse», de ce que font les évêques au niveau de la Suisse. Il aurait ainsi pour mission de «consulter les jeunes» afin de permettre aux évêques d’avoir «un retour» sur leurs besoins. Dans le sens inverse, ce conseil devrait transmettre aux jeunes les messages du CES.

Enfin, Mgr de Raemy veut profiter de l’élan du synode pour inviter les jeunes chrétiens à «s’engager» au sein de l’Eglise. Quant à ceux qui ne sont pas croyants, «l’Eglise veut les rencontrer, les écouter» pour «les servir et les aimer» afin de les inviter à «découvrir le Christ en toute liberté», a-t-il assuré. (cath.ch/imedia/mg/be)

Mgr Alain de Raemy, l'évêque des jeunes, ici aux JMJ de Pologne, se dit stimulé par le document qu'on donné les jeunes. | © Pierre Pistoletti
29 octobre 2018 | 16:58
par Jacques Berset
Alain de Raemy (49), LGF (18), Synode (78)
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