Pour protester contre la visite du pape en France, des catholiques
demandent à être «débaptisés» ENI-96-0205çF
Paris, le 14 ao t (ENIçAlex Duval Smith) – Des centaines de catholiques
romains ont demandé que leur nom soit retiré des registres de baptêmes de
l’Eglise pour protester contre la visite du pape en France le mois
prochain.
Cette campagne organisée de «débaptisation» – considérée comme impossible
selon la théologie catholique romaine – est un geste symbolique de lai»cs
qui estiment que le pape Jean-Paul II est réactionnaire et qui protestent
contre le financement de cette visite par l’Etat.
Un porte-parole de l’archevêque catholique romain de Paris, le cardinal
Lustiger, a déclaré au journal Libération à ce sujet: «Ce mouvement prend
des proportions extrêmement graves. Nous avons eu vingt demandes de
débaptisation en juin et juillet, autant que pendant toute l’année.»
Les membres de Vivre au présent, association libérale de Montpellier, dans
le sud de la France, ont fait imprimer des cartes portant le message
suivant: «Je vous serais reconnaissant(e) de bien vouloir porter sur le
registre des baptêmes en regard de mon nom la mention suivante: ’A renié
son baptême par lettre du (date)’. En effet, mes convictions philosophiques
ne correspondent plus à celles des personnes qui, de bonne foi, on estimé
devoir me faire baptiser.»
Ces cartes seront distribuées aux membres de l’Association et remises aux
prêtres des paroisses que le pape devrait visiter.
Les membres de cette campagne qui, selon Vivre au présent, se comptent déjà
par «centaines», s’opposent à la visite du pape Jean-Paul II, prévue du 19
au 22 septembre, pour une série de raisons.
Les membres d’associations lai»ques telles que Réseau Voltaire et Libre
pensée estiment que le financement, par les villes et l’Etat, de cette
visite, est en contradiction avec la constitution qui, depuis 1905, prévoit
la séparation de l’Eglise et de l’Etat.
Ces groupes, qui envisagent de manifester dans la ville de Tours durant la
visite du pape le 21 septembre, ont déjà entrepris une action juridique
contre plusieurs organismes municipaux qui participeront au financement de
la visite.
Le mois dernier à Reims, une organisation libérale a gagné le procès qúelle
avait intenté pour empêcher le financement par la ville des co ts de
construction du podium (1.5 million de francs) sur lequel le pape devrait
prêcher le 22 septembre.
La visite à Reims est la plus controversée des étapes de ce voyage de
quatre jours, car le pape célébrera une messe commémorative marquant le 1
500 anniversaire du baptême de Clovis, roi des Francs. Le baptême de Clovis
– le premier d’un souverain européen – a valu à la France le titre de
«fille a?née de l’Eglise».
D’autres organisations se sont associées à cette campagne – entre autres
l’Association de planification familiale et des associations d’homosexuels
– leurs membres estimant avoir été chassés de l’Eglise par les
enseignements du pape.
Mais pour les partisans de la visite du pape – sa quatrième en France – il
est tout aussi normal de financer la visite du pape, en tant que
responsable du Vatican, que, par exemple, le séjour des chefs d’Etats qui
ont participé au Sommet du G7 de Lyon à la fin juin. (531 mots)



