Pour que le référendum soit «libre et équitable»
Soudan: Catholiques et protestants appellent à respecter l’issue du scrutin
Rumbek, 12 novembre 2010 (Apic) Le cardinal Pengo, président du Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar a instamment appelé le gouvernement soudanais à respecter les résultats du référendum sur l’autodétermination du sud du pays.
«Quiconque essaye d’aller à l’encontre de la majorité peut être sûr qu’il ou elle se retourne contre la volonté et le dessein de Dieu», a déclaré le cardinal Polycarp Pengo, archevêque catholique de Dar-es-Salaam, en Tanzanie, lors d’un service de prières organisé le 7 novembre à Rumbek, au Sud-Soudan. D’après l’agence de presse œcuménique Eni, le cardinal Pengo, président du Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar, intervenait à l’approche d’une réunion extraordinaire de la Conférence épiscopale du Soudan. «Nous espérons que la volonté de Dieu exprimée à travers la majorité sera respectée telle quelle, en tant que volonté et dessein de Dieu, et nous prions en ce sens», a-t-il déclaré.
Dans un communiqué du 10 novembre, les évêques catholiques du Soudan ont appelé les gouvernements africains à veiller à ce que les référendums se déroulent de façon «libre, équitable et transparente» et à respecter le choix du peuple sud-soudanais. Ils ont également demandé que les minorités du nord et du sud du Soudan soient «reconnues et protégées».
Les protestants appellent également à un référendum équitable
Par ailleurs, les responsables de deux organisations chrétiennes internationales ont appelé les responsables politiques et religieux d’Afrique et du monde entier à garantir un référendum libre et équitable et à en accepter l’issue.
Le pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du Conseil œcuménique des Eglises (COE), et Geoff Tunnicliffe, secrétaire général de l’Alliance évangélique mondiale (AEM), ont affirmé que le référendum devait avoir lieu à la date promise et être libre et équitable, et ils ont exhorté toutes les parties à se conformer au résultat. «Nous en sommes à un point où nous avons le devoir de dire que le peuple du Soudan a assez souffert et qu’il doit avoir le droit de déterminer, par des moyens démocratiques, sa propre destinée», a déclaré le pasteur Tveit dans une interview publiée en anglais, le 11 novembre, par le COE, à Genève. Le pasteur Tunnicliffe a quant à lui déclaré: «Nous nous sommes tous deux rendus là-bas et nous avons écouté les responsables d’Eglise. Pendant cinquante ans, le Soudan a énormément souffert et nous pensons que le peuple soudanais mérite mieux.»
Le référendum du 9 janvier
Le référendum du 9 janvier sur l’indépendance du sud du Soudan est prévu par l’Accord de paix global signé en 2005 à Nairobi (Kenya) pour mettre un terme à une guerre civile de 21 ans ayant entraîné la mort de plus de deux millions de personnes. Le conflit opposait le sud, majoritairement chrétien et animiste, et le nord, où la plupart des gens sont arabes et musulmans.
Un autre référendum aura lieu dans la région riche en pétrole d’Abyei, située aux confins des deux régions. Ses habitants détermineront s’ils souhaitent faire partie du nord ou du sud. (apic/eni/fn/amc)



