Rome: Symposium œcuménique et visite du pape à l’église luthérienne de Rome
Pour relancer le dialogue avec les protestants
Rome, 15 octobre 2009 Le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens organisera un symposium avec les Eglises protestantes, du 8 au 10 février 2010, à Rome.
Cette rencontre aura s’appuiera sur le nouveau livre du cardinal Walter Kasper, président de ce dicastère, intitulé Harvesting the fruits – Basic aspects of christian faith in ecumenical dialogue – Récolte des fruits/Aspects essentiels de la foi chrétienne dans le dialogue œcuménique -, présenté le 15 octobre à la presse.
Une prochaine visite de Benoît XVI dans l’église luthérienne de Rome devrait constituer une autre étape importante de cette volonté de dialogue.
Le livre du cardinal Kasper, dont la genèse remonte à 2007, vise à présenter les résultats de 40 ans de dialogue entre l’Eglise catholique et les Eglises protestantes historiques (luthérienne, réformée, anglicane et méthodiste) aux générations n’ayant pas connu le Concile Vatican II (1962-1965). Une première mouture avait été réalisée sur la base de ces «4 dialogues bilatéraux», puis revue après les remarques émises par les Eglises concernées, mais aussi par le cardinal William Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a indiqué l’auteur.
Interpellé par la presse sur le fait que Benoît XVI avait jusqu’à présent consacré ses visites à des lieux de culte musulmans et juifs, le président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens a confié que le pape avait «l’intention de se rendre dans l’église luthérienne de Rome».
Présentant cet ouvrage réalisé avec l’ensemble de son dicastère, le cardinal Kasper a indiqué que «ce recueil d’une grande richesse» représentait «une réponse claire aux opinions qui circulent y compris dans la curie romaine. A savoir «l’accusation injustifiée que l’œcuménisme avec les communautés protestantes n’a pas encore porté de fruits».
Le prélat a cependant concédé que, passé l’enthousiasme du Concile Vatican II, on constatait aujourd’hui «une certaine fatigue, et même peut-être une certaine déception» dans le dialogue œcuménique.
Les partenaires sont très différents de ceux du Concile, a en outre noté le chef de dicastère, évoquant la diffusion dans l’hémisphère sud des évangélistes, pentecôtistes et charismatiques. Le dialogue avec ces nouveaux mouvements et communautés est plus difficile et différent, car ils ne disposent pas d’une base doctrinale solide comme les luthériens et les anglicans.
La compréhension a aussi été rendue difficile par «les changements qui se sont produits au sein même de l’Eglise catholique», a ajouté le cardinal allemand. «Parfois, nos documents sont difficiles ›à digérer’ pour nos partenaires», a reconnu le cardinal allemand, citant la déclaration Dominus Iesus publiée en 2000 par le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, et qui ne reconnaissait pas aux communautés protestantes le nom «d’Eglises».
Parmi les défis actuels, selon le cardinal allemand, figure notamment «l’éthique», qui a créé des «problèmes nouveaux, vitaux, et diviseurs» comme l’ordination de femmes ou d’homosexuels, mais aussi la nécessité «d’assurer une base commune de la foi» pour répondre aux courants qui réfutent certains passages du Credo, comme la résurrection corporelle du Christ. (apic/imedia/cp/pr)




