Corée du Sud: Les partisans de l’abolition de la peine de mort intensifient leur campagne

Pour une abolition de la peine capitale avant la fin de l’année

Séoul, 10 septembre 2011 (Apic) 5 000 jours se sont écoulés depuis la dernière exécution capitale en Corée du Sud, le 31 décembre 1997. Députés, représentants des différentes religions et leaders de diverses associations de défense des droits de l’homme se sont rassemblés le 8 septembre devant le Parlement à Séoul pour marquer cet anniversaire. Ils ont affirmé leur détermination à faire abolir définitivement la peine capitale d’ici la fin de l’année.

La Corée du Sud, qui n’a procédé à aucune exécution capitale depuis plus de dix ans, est considérée par Amnesty International comme abolitionniste de fait. La peine de mort est cependant toujours inscrite dans la loi, comme l’ont déploré lors de la manifestation les parlementaires Kim Boo-kyum, du Parti démocratique, et Theresa Park Sun-young, tous deux connus pour leur engagement en faveur de l’abolition de la peine capitale. Ils faisaient partie en juin dernier de la vingtaine de représentants de mouvements religieux, profanes et humanitaires qui avaient soumis un projet assorti d’une pétition à l’Assemblée nationale afin de bannir définitivement la peine de mort d’ici la fin de l’année. Ils avaient souligné l’urgence de faire passer cette loi lors de la session parlementaire d’automne avant l’année électorale de 2012.

L’Eglise catholique en première ligne

Jusqu’à présent, de nombreux projets pour remplacer définitivement la peine capitale par une peine de détention à vie ont été présentés devant l’Assemblée nationale, mais aucun d’eux n’a abouti. En octobre 2010, le Comité pour les droits de l’homme de la Conférence des évêques catholiques de Corée (CBCK) avait fait parvenir aux députés une pétition signée par plus de 100’000 catholiques. Parmi les opposants à la peine capitale, l’Eglise catholique se trouve en première ligne et milite depuis de nombreuses années, notamment en montant des actions communes avec des ONG de défense des droits de l’homme et des leaders d’autres religions.

Lors de la manifestation du 8 septembre, Tomasz Kozlowski, chef de la délégation de l’Union européenne en Corée du Sud, a tenu à souligner que la suspension des exécutions avait permis à la communauté internationale de se rendre compte que la Corée du Sud respectait et protégeait les droits de l’homme mais qu’il était temps désormais de confirmer cette image positive du pays en abolissant définitivement la peine capitale.

Le Rév. Kim Young-ju, secrétaire général du Conseil national des Eglise protestantes de Corée (NCCK), a déclaré pour sa part que s’il reconnaissait que la population sud-coréenne restait divisée sur la question, la décision d’abolir oui ou non la peine de mort ne devait pas revenir à l’opinion publique mais à la conviction et la philosophie des dirigeants du pays.

Le débat sur la peine de mort a été relancé à de nombreuses reprises ces dernières années, menaçant à chaque fois de mettre fin au moratoire : en 2009, la mise en accusation d’un meurtrier en série, Kang Ho-sun, avait déclanché la colère des Sud-Coréens, laquelle fut ravivée en mars 2010 avec le viol et le meurtre d’une collégienne. En février 2010, la Cour suprême avait conclu par 5 voix contre 4 que la peine de mort n’était pas anticonstitutionnelle. Il y aurait actuellement environ une quinzaine de personnes dans les couloirs de la mort des prisons sud-coréennes. (apic/eda/mp)

10 septembre 2011 | 10:37
par webmaster@kath.ch
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