Liban: Colloque international sur le génocide arménien

Pour une nouvelle approche, centrée sur le dédommagement

Beyrouth, 24 février 2012 (Apic) Un congrès international sur le génocide arménien, intitulé «De la reconnaissance à l’indemnisation», se tient du jeudi 23 au samedi 25 février au catholicossat des Arméniens orthodoxes à Antélias, près de Beyrouth. Les travaux, sous le patronage du catholicos de Cilicie Aram 1er, se déroulent en présence de juristes internationaux.

Le séminaire sur le génocide arménien qu’organise le catholicossat arménien de Cilicie amorce une problématique nouvelle, celle de l’indemnisation. Cette revendication vient appuyer l’appel assidu à la reconnaissance internationale des massacres de 1915-1916, rapporte vendredi 24 février le quotidien libanais francophone «L’Orient-le Jour».

Des biens pillés que la Turquie refuse de rendre à l’Eglise arménienne

Le dédommagement matériel, humain et moral, qui revient de droit au peuple arménien depuis 1915, constitue l’objet premier du séminaire, souligne le communiqué publié par le siège des Arméniens orthodoxes. Il met l’accent sur «les biens sacrés des milliers d’églises et monastères de Cilicie et de l’Ouest de l’Arménie (l’actuel Sud-Est de la Turquie), pillés par l’Empire ottoman, et que l’Etat turc refuse de rendre jusqu’à ce jour».

Dans son allocution, le catholicos Aram 1er a relevé que le génocide a dépassé les seules limites des relations turco-arméniennes «pour devenir partie intégrante de l’agenda mondial». Ainsi la Chambre des représentants des Etats-Unis a récemment sommé la Turquie de remettre aux ayants droit les lieux de culte confisqués, ainsi que les biens de l’Eglise dérobés. Le catholicossat est actuellement déterminé à mettre cette demande à exécution, puisque «les droits de l’homme ne sont pas optionnels, mais intrinsèques au message évangélique».

Nécessité d’une reconnaissance formelle du génocide arménien

Aram 1er a rappelé que la reconnaissance formelle du génocide arménien est une condition sine qua non pour toute tentative ou procédure visant à rétablir la justice. Pour Joe Verhoeven, juge ad hoc à la Cour internationale de justice (CIJ), le point de vue du catholicossat arménien est correct, puisqu’il articule son approche sur les deux aspects de la reconnaissance et de l’indemnisation. Estimant que le génocide arménien était indiscutablement «le résultat d’une politique décidée par l’Empire ottoman», Joe Verhoeven rappelle qu’il s’agit d’une «histoire tragique, dont la diffusion auprès de l’opinion publique aurait dû se faire plus efficacement».

Il précise néanmoins que «le génocide n’est pas, à l’instar de la paternité, un problème juridique où la reconnaissance importe». «C’est un fait que personne ne réfute désormais», affirme-t-il. Dans ce cadre, il interprète l’aversion de la Turquie à reconnaître le génocide comme «un refus d’assumer sa responsabilité, car elle est dans le déni même du fait (…) La Turquie n’est plus en position de nier ce qu’elle devrait accepter». (apic/orj/be)

24 février 2012 | 17:48
par webmaster@kath.ch
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