Rome: Le salut de l’Afrique passe par les femmes, selon un évêque kenyan
Pour une véritable égalité entre hommes et femmes
Rome, 12 octobre 2009 (Apic) Le rôle primordial de la femme et le respect de sa dignité sont au cœur de certaines des interventions d’évêques présents au Synode pour l’Afrique, en cours au Vatican. «Si l’on éduque des femmes, on éduque une nation», a ainsi lancé Mgr Philip Sulumeti, évêque kenyan de Kakamega, le 10 octobre 2009. Mgr Telesphore George Mpundu, archevêque zambien de Lusaka, a quant à lui avancé que, «sans une vraie justice entre les hommes et les femmes», le développement demeurait «une chimère, un dangereux mirage».
«Si l’on éduque un homme, on éduque une personne, si l’on éduque une femme, on éduque une famille», a ainsi affirmé Mgr Sulumeti dans son intervention devant les participants aux travaux du Synode des évêques pour l’Afrique. «Si l’on éduque des femmes, a ajouté le prélat, on éduque une nation».
Devant les pères synodaux, l’évêque kenyan a alors demandé que les femmes disposent d’une «formation de qualité» pour être «plus autonomes dans leurs responsabilités» et d’un accès à «toutes les carrières sociales auxquelles la société traditionnelle et moderne tend à les exclure sans raison». «Pour que cela devienne une réalité, a-t-il insisté, les hommes sont appelés à effectuer un changement radical et une conversion fondamentale».
Aux yeux du prélat kenyan, «l’instruction des femmes a des effets durables sur le bien-être de l’unité familiale sur laquelle est fondée l’Eglise». En outre, a renchéri Mgr Sulumeti, «les femmes sont capables de faire tout correctement si elles ont l’opportunité d’essayer».
Une vraie égalité hommes-femmes.
Intervenant le même jour, Mgr Telesphore George Mpundu, archevêque de Lusaka, en Zambie, a estimé que «la négation de l’égalité envers les femmes (était) un affront à la dignité humaine et une négation du vrai développement de l’humanité».
«Sans une vraie justice entre les hommes et les femmes, le développement demeure seulement une chimère, un dangereux mirage», a-t-il insisté, avant d’avancer qu’»une pleine et égale participation des femmes dans toutes les sphères de la vie est donc essentielle au développement économique et social».
«En ce moment où l’Eglise en Afrique s’engage à travailler pour la réconciliation de ses fils et filles, la femme ne peut plus être ignorée. Elle y a un grand rôle à jouer», avait lancé pour sa part la supérieure générale des sœurs «Ba-Maria», à Buta Uele, en République démocratique du Congo (RDC), le 9 octobre 2009.
Sœur Pauline Odia Bukasa avait ainsi constaté que la femme africaine est «marginalisée à tous les niveaux» et «presque exclue du processus global du développement du continent». Selon la religieuse, la femme est «victime des us et coutumes ancestrales» et porte actuellement «le poids de tous les conflits armés qui déchirent l’Afrique», principalement en RDC.
Cette religieuse congolaise, comme de nombreux évêques africains, avait alors insisté sur l’importance de «promouvoir la dignité de la femme en lui assurant des espaces nécessaires pour le déploiement de ses talents dans les structures ecclésiales et sociales». (apic/imedia/lb/js)



