Pourquoi l'évêque de Bâle a-t-il sa cathédrale à Soleure? (ici Mgr Felix Gmür) | © Leonie Gross
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Pourquoi l'évêque de Bâle a-t-il sa cathédrale à Soleure? (ici Mgr Felix Gmür) | © Leonie Gross

Pourquoi l'évêque de Bâle est-il établi à Soleure?

14.04.2019 par Barbara Ludwig, kath.ch/traduction et adaptation: Raphaël Zbinden

Mgr Felix Gmür, évêque de Bâle, a participé le 14 avril 2019 à une célébration œcuménique à l’occasion des 1000 ans de la cathédrale Notre-Dame de Bâle. Les évêques de Bâle ne sont cependant plus maîtres des lieux depuis que l’édifice est passé en mains protestantes, il y a 490 ans.

A cause des événements de la Réforme, l’évêque de Bâle Philippe von Gundelsheim (1487-1553), dut quitter définitivement la ville des bords du Rhin en 1528. Les évêques de Bâle, qui étaient aussi à l’époque des dirigeants politiques, s’installèrent à Porrentruy. Jusqu’à ce que l’intervention française de 1792 en fasse des réfugiés et plonge l’évêché dans le chaos. Une quarantaine d’années plus tard, un nouveau diocèse était érigé, avec un siège situé à Soleure, mais portant toujours le nom de “diocèse de Bâle”. Était-ce le signe qu’au cours des premières décennies du XIXe siècle, les catholiques espéraient encore réinstaurer la foi catholique à Bâle et considéraient secrètement la cathédrale de la ville comme étant “leur” cathédrale? Non, répond l’historien de l’Eglise lucernois Markus Ries.

Renoncement tardif

C’est un fait que depuis 1529, date à laquelle la Réforme s’est imposée à Bâle – environ 60 autels de la cathédrale ont été brûlés. Les évêques de Bâle n’avaient plus le contrôle. Bien sûr, ils n’ont pas immédiatement accepté cette perte. Le chapitre de la cathédrale, qui avait également quitté la ville après la Réforme, revendiquait encore officiellement l’église au XVIIIe siècle, comme le note l’historien bâlois Stefan Hess dans un article publié en 2018.

La cathédrale de Bâle a été consacrée en 1019 | © W***/Flickr/CC BY-NC 2.0

L’Église catholique n’a en fait officiellement renoncé à ses prétentions sur la cathédrale de Bâle qu’en 1828, précise Markus Ries. Cela s’est concrétisé dans le cadre du rétablissement du diocèse de Bâle et le transfert du siège épiscopal à Soleure, par la bulle papale Inter praecipua. A cette époque, après la Révolution française, les diocèses ont dû être réorganisés dans de nombreux pays européens, dont la Suisse. Trois acteurs ont participé à la reconfiguration du diocèse de Bâle, qui, selon Markus Ries, poursuivaient des intérêts très différents: le pape, les gouvernements des cantons suisses et l’évêque de l’époque Franz Xaver von Neveu (1749-1828).

Un désir de continuité

Selon l’historien, l’évêque avait de nombreuses requêtes concernant le diocèse, mais n’a pu en faire passer qu’une seule: le maintien de son nom. Rien n’indique cependant, affirme l’historien, que Mgr von Neveu ait pensé “même de loin” à une re-catholicisation de Bâle. “Ce qui lui importait c’était le nom du diocèse, pas la cathédrale ou la ville, explique Markus Ries. Son intérêt était de préserver la continuité, n’était-ce que symboliquement”. Mgr von Neveu considérait comme sa mission d’assurer la persistance du diocèse de Bâle. Même si des changements étaient inévitables, tels que le transfert du siège épiscopal de Bâle, réformée depuis 300 ans, à Soleure. Une décision, “humainement compréhensible”, souligne l’historien lucernois. (cath.ch/kath/bal/sys/rz)


Nombreuses manifestations pour les 1000 ans de la cathédrale

La cathédrale de Bâle a été consacrée en octobre 1019. Deux célébrations œcuméniques encadrent les nombreuses manifestations marquant le 1000e anniversaire de l’édifice gothique construit principalement en grès rose. Mgr Felix Gmür, évêque de Bâle, a été invité aux deux cérémonies.

La célébration du dimanche des Rameaux, le 14 avril, inaugure les festivités. Elles se termineront par une autre célébration œcuménique le 3 novembre 2019, le dimanche suivant la Fête de la Réformation.

Différentes expositions seront présentées, sur le thème de l’histoire mouvementée de la cathédrale de Bâle. L’un des temps forts sera un marché d’artisanat de deux jours en septembre: dans le cloître de la cathédrale, des artisans présenteront les anciennes méthodes de travail.

A l’occasion du jubilé, une attention particulière sera portée aux représentations de Marie dans l’édifice. SYS


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