Poursuite de l’»Opération Calice» visant des abus sexuels
Belgique: Nouvelles perquisitions au siège des évêchés d’Anvers, de Hasselt et de Malines
Bruxelles, 16 janvier 2012 (Apic) La police judiciaire fédérale belge a procédé lundi 16 janvier à de nouvelles perquisitions au siège des évêchés d’Anvers, de Hasselt et de Malines-Bruxelles. Ces opérations sont menées dans le cadre de l’»Opération Calice». Des dossiers liés à des abus sexuels présumés et des listes de noms de victimes présumées ont été saisis à cette occasion, a confirmé lundi Olivier Lins, porte-parole de l’évêché d’Anvers.
Cette perquisition a été effectuée à la demande du juge d’instruction bruxellois Wim De Troy. Les perquisitions menées auparavant à l’archevêché de Malines avaient été déclarées nulles en novembre dernier par la chambre des mises en accusation de Bruxelles. Les dossiers saisis à l’époque ne peuvent donc pas être utilisés. D’après la radio-télévision publique flamande VRT, les enquêteurs seraient à la recherche de dossiers utilisables.
Ces perquisitions avaient suscité de l’»effroi» au Vatican. Le 25 juin 2010, au lendemain de ces faits peu habituels, la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège avait fait part de sa «vive stupeur» sur la façon dont les autorités judiciaires belges avaient mené des perquisitions, la veille, à l’archevêché de Malines-Bruxelles. Cette intrusion avait causé la démission des membres de la «Commission Adriaenssens» chargée de traiter les plaintes pour abus sexuels commis dans le cadre d’une relation pastorale.
La validité de ces nouvelles perquisitions mise en doute
Me Fernand Keuleneer, avocat des évêques catholiques de Belgique, a dit une nouvelle fois douter de la validité de ces perquisitions, peut-on lire sur le site internet de la radio-télévision publique francophone RTBF. Selon le responsable de presse de la Conférence épiscopale de Belgique, des dossiers liés à des abus sexuels ont été emportés et le diocèse d’Anvers a été autorisé à garder une copie de ceux-ci.
Le juge d’instruction De Troy avait procédé, en juin 2010, à des perquisitions au siège de l’archevêché de Malines-Bruxelles et au domicile de cardinal Danneels, mais ces dernières avaient par la suite été déclarées illégales par la justice belge.
Mgr Roger Vangheluwe invité à passer à la caisse
Rappelons que ces perquisitions avaient entraîné la démission de la Commission Adriaenssens et conduit à la création de la Commission parlementaire «Abus sexuels» sous la présidence de Karine Lallieux. Cette Commission a remis récemment un rapport portant sur la constitution d’un tribunal arbitral visant à indemniser les victimes de prêtres et religieux pédophiles. A cette occasion, Karine Lallieux s’était réjouie de la collaboration de l’Eglise de Belgique. Jeudi 12 janvier dernier, les évêques et supérieurs religieux de Belgique ont publié une brochure d’action globale de 52 pages à destination des victimes. Elle est intitulée «Une souffrance cachée – Pour une approche globale des abus sexuels dans l’Eglise».
D’autre part, l’Eglise de Belgique a fait savoir lundi 16 janvier que Mgr Roger Vangheluwe, l’ex-évêque de Bruges qui avait reconnu en avril 2010 avoir abusé sexuellement de deux neveux mineurs, devait contribuer lui aussi au système de compensation financière pour les victimes mis en place par l’Eglise. Dans le cadre du plan d’action global pour prévenir, reconnaître et réparer les abus sexuels commis dans une relation pastorale, les évêques ont souligné en effet que les auteurs devaient être les premiers à payer des dédommagements. Les autorités ecclésiales belges disent cependant ignorer le lieu de résidence actuel de Roger Vangheluwe. Elles ont donc demandé la participation financière de ce dernier via la nonciature. Pour rappel, peut-on lire sur catho.be, le site d’information de l’Eglise belge, «l’évêque déchu continue à percevoir une pension de 2’800 euros tandis que le Vatican ne s’est toujours pas prononcé sur son éventuelle réduction à l’état laïc». (apic/cathobe/com/be)



