Ne pas voir le prêtre de façon utilitariste

Prague: Le cardinal Vlk, archevêque de Prague, défend le célibat des prêtres

Prague, 16 mai 1997 (APIC) Le cardinal Miloslav Vlk, archevêque de Prague, a mis en garde contre la tentation de considérer les prêtres «de façon utilitariste» et de vouloir abolir le célibat sacerdotal uniquement pour faire face au manque de prêtres. Dans une interview accordée au journal catholique tchèque «Katolicky tydenik», le cardinal Vlk, actuel président du Conseil des Conférences épiscopales européennes (CCEE), a relevé que vouloir des prêtres à tout prix favorise dans certaines circonstances une «attitude consommatrice».

Les prêtres sont appelés par Dieu, par l’Eglise, a-t-il souligné, et personne n’y a «droit». L’exigence de certaines femmes d’avoir accès au sacerdoce est motivée par une conception des droits de l’homme. Mais Jésus n’a fait ce cadeau ni à Marie sa mère, ni à d’autres femmes qui l’entouraient, poursuit le cardinal Vlk. On ne peut pas en inférer qu’il s’agissait d’une époque différente et que les femmes avaient une autre position dans la société.

Pour l’archevêque de Prague, Jésus a certes provoqué une révolution en ce qui concerne la place de la femme, mais il n’a jamais confié le sacerdoce à une femme. La Vierge Marie aurait été la femme qui l’aurait certainement mérité. «Si le prêtre doit agir ’in persona Christi’, ou être un ’autre Christ’, je ne peux pas m’imaginer que ce soit une femme qui le fasse», affirme-t-il encore.

Quid de l’ordination, dans la clandestinité, d’hommes mariés sous le régime communiste?

Quant aux ordinations d’hommes mariés, dans la clandestinité, durant le régime communiste, elles ont été motivées par la volonté d’assurer la survie de l’Eglise, dont on craignait la liquidation après l’écrasement du printemps de Prague en 1968. Du côté de l’Eglise clandestine, on s’efforçait de cacher le fait que l’on soit prêtre pour ne pas être découvert par le régime qui était hostile. Le plus logique était de le faire là où le régime n’irait pas chercher des prêtres, c’est-à-dire chez les hommes mariés, et finalement chez les femmes, relève l’archevêque de Prague.

C’est seulement après que l’on a cherché des fondements théologiques pour justifier cette manière de faire. «Il y a ici une nostalgie évidente de protéger le Royaume de Dieu par ses propres moyens. Je pense que le Seigneur n’a pas besoin de cela de notre part.»

La situation des prêtres mariés de l’Eglise clandestine: pas encore tout à fait résolue

L’archevêque de Prague considère-t-il les vocations sacerdotales assumées actuellement par des pères de famille comme authentiques ? Le cardinal Vlk rappelle que dans l’Eglise gréco-catholique, l’existence de prêtres mariés est courante. Le célibat n’est pas un dogme érigé par le Christ ou la Bible, mais une exigence disciplinaire de l’Eglise latine; il appartient à la tradition occidentale. Il est courant dans la tradition orientale que quelqu’un qui veut devenir prêtre se marie avant d’être ordonné. Il ne peut cependant pas se marier quand il est déjà prêtre. Dans ce cas, il a choisi le célibat au préalable.

Les ordinations d’hommes mariés dans l’Eglise clandestine ont été faites avec l’artifice qu’elles étaient destinées à l’Eglise gréco-catholique, affirme le cardinal Vlk. L’archevêque de Prague relève à ce sujet que certaines questions juridiques ne sont pas encore éclaircies, d’où les problèmes existants. (apic/kap/be)

6 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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