Premier forum du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg

Un grand chambardement pour «proposer la foi»

Par Michel Bavarel, correspondant de l’Apic

Genève, le 5 octobre 2003 (APIC) Proposer la foi à travers de nouvelles structures. Avec les unités pastorales, un «grand chambardement» s’annonce pour bientôt dans le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg. «N’ayez pas peur!» a cependant adjuré le vicaire général Rémy Berchier, en s’adressant aux prêtres et aux fidèles qui emplissaient la basilique Notre-Dame, à Genève, lors de la célébration clôturant le Forum 03.

Premier du genre, ce forum a été institué par l’Assemblée diocésaine 2000 (AD 2000). Il s’agit d’une rencontre des catholiques du diocèse, invités à la réflexion sur la marche de leur Eglise. C’est ainsi que près de cinq cents d’entre eux se sont répartis, samedi matin, dans dix «ateliers», hébergés dans autant de paroisses genevoises.

Au départ une constatation: la société a changé, elle s’est laïcisée, mais n’en a pas moins des attentes spirituelles. L’Eglise doit également changer pour s’adapter à cette évolution. Les chrétiens ont un trésor à transmettre. Il leur incombe désormais de «proposer la foi», ce qui implique une «conversion de notre manière d’agir». Autre constatation : les forces pastorales se raréfient, les ressources financières diminuent. Ce sont les deux raisons qui ont guidé la Commission de planification pastorale, présidée par Rémy Berchier, dans l’élaboration de nouvelles structures.

Ces nouvelles structures ont pour nom l’»Unité pastorale», regroupant plusieurs paroisses voisines, et l’»Equipe pastorale» comprenant des prêtres, des diacres et des laïcs. Le «Forum 03» a été l’occasion de présenter ce projet, encore en élaboration, et de lancer la discussion. Les points forts des dix ateliers, portant sur des thèmes directement liés à ces nouvelles structures ou connexes, ont été mentionnés durant la première partie d’une célébration, l’après-midi, dans une basilique Notre Dame comble.

Des équipes unies, chaleureuses, joyeuses.

Cette restructuration doit être précédée par une campagne d’information et de formation. Il faut laisser le temps aux mentalités d’évoluer, a souligné le porte-parole de l’atelier portant sur les Unités pastorales. Celles-ci doivent être animées par des Equipes pastorales «unies, fraternelles, chaleureuses, joyeuses», où les différents charismes se complètent et dont chaque membre soit clairement reconnu par l’Eglise.

Un autre atelier traitait de la pastorale de proximité, entravée, dit son rapporteur, par certaines prises de position et attitudes de l’Eglise institutionnelle. On déplore l’absence, au sein de cette Eglise, des jeunes, des chômeurs, des sans-papiers, releva-t-il. «Qu’est-ce que nous abandonnons?». L’atelier auquel cette question était posée a répondu par une longue liste: «Abandonnons la peur de mettre en oeuvre les réformes du Synode 72 et d’AD 2000, les paroisses devenues des coquilles vides, les sacrements donnés à un âge précis, les organismes parallèles catholiques et réformés, les structures lourdes et redondantes.»

En ce qui concerne l’évangélisation des adultes, on plaida pour un accueil inconditionnel de chaque personne et une ouverture aux isolés, aux étrangers, à ceux qui traversent une crise. Le groupe traitant des médias constata une distorsion entre ce que nous vivons en Eglise et l’image qu’en donnent les moyens d’information. Il demanda un «plan pastoral diocésain de la communication» et des investissements dans ce «domaine prioritaire». L’atelier chargé de chercher les moyens «d’atteindre une plus grande unité diocésaine» préféra parler d’»esprit diocésain», étant donné les particularités cantonales.

Des chemins nouveaux dans la fidélité au passé

Geneviève Stulz-Aubry, présidente du Conseil pastoral diocésain, remit les conclusions des dix ateliers à Mgr Bernard Genoud, l’évêque du diocèse. Dans son homélie, celui-ci souligna que les chrétiens ont une «mission belle et passionnante», celle redonner courage et espérance au monde et de proposer la foi par des chemins nouveau, dans la fidélité au passé et l’écoute du présent.

A la fin de la célébration, Rémy Berchier, président de la Commission de planification pastorale, cheville ouvrière de ce «grand chambardement», s’employa à rassurer ceux que ces perspectives pourraient effrayer. «N’ayez pas peur !» leur lança-t-il. «Nous allons dialoguer avec chaque agent pastoral. Nous voulons placer l’humain au centre de toutes nos démarches. Vous êtes plus importants que la planification. L’annonce de l’Evangile est notre unique but et mission».

Un document sur l’Unité pastorale et son équipe pastorale, approuvé par Mgr Genoud, fut remis à chaque participant. Dès le 15 octobre, et jusqu’au 15 décembre, les agents pastoraux, les conseils pastoraux et paroissiaux seront consultés sur les limites géographiques des nouvelles unités pastorales. Le 20 novembre sera divulguée une réflexion sur la «proposition de la foi», à travailler en paroisse durant l’Avent. On espère déjà installer quelques nouvelles équipes pastorales en septembre 2004, mais le travail, mené avec une sage lenteur, s’étalera jusqu’en 2010.

Les illustrations du dossier Forum diocésain 03 peuvent être commandées auprès de l’agence CIRIC, Bd de Pérolles 36 CP 253 – 1705 Fribourg. Tél. 026 426 48 38 Fax. 026 426 48 36 E-Mail: ciric@cath.ch

(apic/mba/sh)

5 octobre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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