«Prendre au sérieux les mécontentements»
France: Les manifestations sont un avertissement donné au pouvoir, selon Mgr Descubes
Rouen, 29 octobre 2010 (Apic) Mgr Jean-Charles Descubes, archevêque de Rouen, s’exprime à propos des manifestations de mécontentement en France, de la réforme des retraites et de la paix sociale. Des propos recueillis par le quotidien catholique La Croix.
Les manifestations, expressions du mécontentement, «traduisent un échec du dialogue social». «Elles révèlent l’état d’inquiétude et d’angoisse qui habite nos concitoyens», affirme Mgr Descubes, président du Conseil famille et société de la Conférence des évêques de France. «C’est un nouvel avertissement donné par un peuple qui estime être peu entendu et peu compris par une élite qui lui semble (…) étrangère à ses préoccupations», déclare l’archevêque. Cet avertissement «doit être pris au sérieux», car les mouvements sociaux «dénotent une grande méfiance vis-à-vis des pouvoirs».
Sortir de l’impasse par un véritable dialogue social
Pour Mgr Descubes, «on ne sortira effectivement de l’impasse sociale actuelle qu’en renouant un véritable dialogue social, qui prenne en compte les problèmes réels des gens». Et ce dialogue doit réunir «tous les partenaires : politiques, entreprises, syndicats, etc». Sans la renaissance d’une confiance, «une cohésion sociale est impossible», proclame le prélat.
Il avoue être inquiet pour la paix sociale dans le pays. ” Si rien ne change fondamentalement dans le domaine social, je ne vois pas comment on pourrait» éviter un conflit. «Sans verser dans le catastrophisme, j’estime qu’il faut prendre au sérieux les mécontentements (…). Aussi est-il capital que notre pays retrouve des espaces de dialogue», soutient l’archevêque.
L’Eglise comme lieu où restaurer le dialogue social
L’Eglise contribue à la restauration du dialogue social «en se faisant entendre dans le débat public et en favorisant des espaces de dialogue comme le font par exemple les mouvements des entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC), des cadres et dirigeants chrétiens (MCC), l’Action catholique ouvrière, etc». Mais, conclut Mgr Descubes, «si on ne sait pas à qui faire confiance, il est difficile de donner un sens à sa vie». (apic/la croix/bb/ggc)



