Niger: Insécurité alimentaire alarmante dans le pays
Préoccupante enquête gouvernementale: sous-alimentation infantile aggravée
Niamey, 28 mai 2010 (Apic) Seuls 21,6% des habitants peuvent être considérés à l’abri de la famine tandis que 30,7% sont à risque d’insécurité alimentaire ou connaissent déjà une crise alimentaire modérée (25,5%) ou grave (22,2%).
Cadre morose de la situation tracé par les résultats d’une recherche menée par le gouvernement du Niger en collaboration avec l’Unicef, le Programme alimentaire mondial (Pam) et autres organisations, cité par Misna.
La crise alimentaire, qui a déjà contraint des milliers d’habitants à se réfugier chez leurs voisins au Nigeria ou à ne dépendre que de l’aide humanitaire, découle de pluies insuffisantes et d’un accès aux sources d’eau de plus en plus réduit.
Selon l’enquête, la production de céréales pour la période 2009-2010 aurait diminué de 31% par rapport à la saison précédente tandis que la fourniture de fourrage aux animaux d’élevage aurait été réduite de manière encore plus catastrophique. Le chômage croissant dans le domaine agricole et l’augmentation de la main d’œuvre disponible ont tous deux entraîné la réduction de moitié des salaires des ouvriers journaliers.
Les auteurs du rapport redoutent également la détérioration de la situation alimentaire des enfants âgés de moins de cinq ans alors que le taux de sous-alimentation infantile atteignait déjà 40% en période normale dans certaines régions du pays.
L’insécurité alimentaire a entraîné une baisse du pouvoir d’achat des foyers nigériens et la flambée des prix des denrées alimentaires. Les conditions climatiques ont par ailleurs réduit les réserves d’eau destinées aux agriculteurs et aux éleveurs, qui subissent en outre les lourdes conséquences de la baisse des prix sur le marché. Enfin, le rapport met l’accent sur l’incompétence des structures et l’insuffisance des moyens pour faire face à la sous-alimentation infantile. (apic/misna/pr)



