En 2004, 50’000 femmes l’ont été en France

Près de 140 millions de femmes excisées dans le monde

Paris, 23 octobre 2007 (Apic) Selon une étude rendue publique mardi 23 octobre, intitulée «Les mutilations sexuelles féminines: le point sur la situation en Afrique et en France», entre 100 et 140 millions de femmes ont subi des mutilations sexuelles dans le monde. En 2004, 50’000 femmes ont été excisées en France.

Dans cette étude, de l’Institut national des études démographiques (INED), citée par «Le Monde», les deux chercheuses de l’INED à l’origine de ce travail, Armelle Andro et Marie Lesclingand, rappellent tout d’abord les nombreuses conséquences sanitaires et psychologiques liées à ces pratiques: infections, stérilité, difficultés lors de l’accouchement, angoisse, dépression.

Elles soulignent aussi que les mutilations sexuelles sont essentiellement pratiquées en Afrique subsaharienne et dans certains pays du Proche-Orient et d’Asie du Sud-Est. En Afrique, les mutilations, de l’excision partielle du clitoris à l’infibulation (suture de l’orifice vaginal), sont pratiquées dans vingt-huit pays. Mais le nombre de femmes excisées varie beaucoup selon les pays africains, relèvent les chercheuses, qui se sont appuyées sur des enquêtes nationales menées depuis les années 1990, de 1,4 % au Cameroun à 96 % en Guinée.

Toujours selon cette étude, citée par le quotidien «La Monde», bien que «la pratique des mutilations sexuelles féminines soit souvent présentée comme la conséquence d’injonctions religieuses, notamment de l’islam», les chercheuses indiquent que «l’excision était pratiquée en Afrique bien avant l’arrivée des religions monothéistes, et aucun texte religieux ne permet de la justifier». «Le principal facteur du risque de mutilation est l’appartenance ethnique et non la religion, poursuivent-elles, ces pratiques s’inscrivant traditionnellement dans les rites d’initiation associés à l’âge adulte dans certains groupes ethniques».

Pratique en recul?

Les auteurs relèvent cependant que la pratique recule dans la plupart des pays africains depuis quelques années, «même si les changements sont lents dans certains». Selon les auteurs de l’étude, ce recul plusieurs facteurs expliquent ce recul: le degré de mobilisation des Etats – l’INED rappelant que c’est seulement depuis 2003 que les pays membres de l’Union africaine ont signé un protocole condamnant et interdisant les mutilations sexuelles -, ainsi que le niveau d’instruction des femmes.

La seconde partie de l’étude s’attache à décrire la situation en France, «une réalité liée à l’immigration des dernières années». Si le nombre de femmes concernées en France est mal connu, les chercheuses indiquent qu’il y avait, en 2004, environ 50’000 adultes excisées.

Une enquête nationale «Excision et handicap», qui s’achèvera à l’automne 2008, devrait permettre de mieux connaître le phénomène en France, tout en débouchant sur des propositions pour la prise en charge des femmes mutilées vivant en France. (apic/lm/pr)

23 octobre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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