Le représentant du Vatican dénonce une dérive
Présence du Saint-Siège au Forum de La Haye
La Haye, 10 février 1999 (APIC) Le représentant du Saint-Siège est intervenu mercredi au Forum de l’ONU sur la population et le développement qui se tient à La Haye, pour condamner, cinq ans après la Conférence du Caire (septembre 1994), une dérive dans l’application des objectifs qui y avaient étéé définis.
Ce forum international se tient du 8 au 12 février en préparation de la Session spéciale de l’Assemblée générale de l’ONU qui se tiendra à New York du 28 juin au 2 juillet 1999 pour faire le point sur la réalisation des programmes d’actions mis en place lors de la Conférence du Caire.
Le représentant du Saint-Siège, Mgr Frank J. Dewane, du Conseil pontifical Cor unum, a dénoncé le peu d’importance accordée aujourd’hui – par rapport à il y a cinq ans – à l’éducation et à la réduction de la pauvreté dans le monde. Il a mis l’accent, à titre d’illustration, sur la «disproportion» entre les fonds alloués à la «santé reproductive» et ceux assignés à l’éducation. Pour le Saint-Siège, les programmes visant à promouvoir la «santé sexuelle et reproductive» doivent s’intégrer dans une «préoccupation globale pour l’éducation de la personne». La capacité d’une femme de prendre des décisions dans ce domaine dépend de son niveau d’éducation, a fait remarquer Mgr Dewane.
Le prélat a d’autre part dénoncé l’usae de la «contraception d’urgence» et de la pilule RU 486 comme des «pratiques abortives», en regrettant qu’elles soient présentées comme des moyens de contraception. Il a constaté une volonté d’introduire subrepticement «un droit à l’avortement» à travers des politiques prétendant protéger les droits de la femme, alors qu’il ressortait de la Conférence du Caire que l’avortement ne devait pas être considéré comme une méthode du planning familial.
Mgr Dewane a également déploré au nom du Saint-Siège le recours à la stérilisation forcée, alors que la Conférence du Caire rejetait toute forme de coercition dans le domaine du contrôle de la population et avait affirmé le «droit souverain» de chaque pays à l’égard des recommandations des documents publiés à la suite de cette Conférence.
Le représentant du Saint-Siège a également affirmé que les premiers responsables de l’éducation sexuelle des enfants et des jeunes sont leurs parents, et que l’Etat ne doit pas outrepasser les droits et les responsabilités de ces derniers sur ce point.
Enfin il a demandé qu’une plus grande attention soit accordée à la protection de l’unité familiale des migrants en situation régulière, ainsi qu’au vieillissement de la population mondiale, en considérant les révisions récentes des estimations démographiques publiées par les Nations Unies. (apic/cip/imed/pr)




