Le nonce apostolique à Bagdad appelle à la solidarité chrétienne

Présentation à Rome d’un film-docuement sur les effets de l’embargo imposé à l’Irak

Bagdad/Rome, 25 juin 1998 (APIC) Dans un message vidéo, envoyé à l’occasion de la présentation à Rome du court-métrage «Irak, Solidarité, Action», le nonce apostolique à Bagdad, Mgr Giuseppe Lazzarotto appelle les chrétiens à «la solidarité avec leurs «frères chrétiens d’Irak».

Le court-métrage de 20 minutes a été réalisé par le Père Jean-Marie Benjamin (français, mais du diocèse de Rome) en Irak. Il a été présenté jeudi à Rome en présence de l’ambassadeur d’Irak près le Saint-Siège, Wissam Chawket Al-Zahawie. Le nonce apostolique ayant pour l’occasion envoyé un message vidéo.

Le nonce apostolique affirme que les chrétiens peuvent donner leur contribution au développement, à la paix, à la justice, aux valeurs humaines du pays. Il exhorte les chrétiens à découvrir qu’ils ont des frères dans ce pays et qu’ils «ont besoin de solidarité pour rompre leur isolement créé par l’embargo». Il demande que se multiplient les gestes de solidarité. «Il faut venir en Irak, dit-il, découvrir toutes ces richesses qui méritent d’être connues mais aussi conservées et transmises aux générations futures».

Pour le nonce, l’effet le plus profond de l’embargo, imposé par les Etats-Unis, principalement, avec ses conséquences, la maladies et la mort pour les plus faibles, c’est la perte des valeurs humaines et la disparition de la confiance et de l’espérance en l’avenir.

Mgr Lazzarotto dénonce une autre consééquence des sanctions économiques: la perte des ressources non seulement matérielles mais du patrimoine historique, avec Ur, en Chaldée, la ville d’Abraham, et Nedjev (40 km au sud de Bagdad) ou se trouve le tombeau du prophète Daniel.

Sans dialogues, le film suit un adolescent qui se met à la recherche de son père, militaire, à travers tout le pays, depuis Mossoul jusqu’à Bashra, en passant par le désert, les plus anciennes cités du pays et par Bagdad. Les images poétiques des couchers de soleil sur les antiques murailles et les scènes de la vie quotidienne, comme la rencontre avec un jeune berger et son troupeau, alternent avec les images d’archives en noir et blanc qui font revivre les bombardements de la guerre du Golfe dont l’adolescent découvre les conséquences, avec celles de l’embargo.

Le message est clair: le mot «sanctions» s’inscrit régulièrement sur l’écran, au moment où la caméra fouille le visage des mères penchées sur des enfants moribonds. «Convention for the rights of the child» (Conventionpour les droits de l’enfant) défile aussi, pour dénoncer les effets délétères des sanctions économiques qui font mourir chaque mois 6 mille enfants de moins de 5 ans, victimes, accuse la bande finale, de l’hypocrisie et de l’arrogance. (apic/imed/pr)

3 mai 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!