Algérie : Le gouvernement reprend le contrôle des 20’000 mosquées

Préserver la société du fanatisme

Alger, 29 janvier 2014 (Apic) Le gouvernement d’Algérie a publié un décret réglementant les quelque vingt mille mosquées et institutions religieuses musulmanes du pays. Il reprend ainsi le contrôle de ces lieux utilisés par les groupes extrémistes musulmans durant «la Décennie noire» de 1990 à 2000.

Cette loi, première du genre dans le pays depuis son indépendance, vise à permettre aux mosquées, de jouer leur « rôle essentiel indépendamment de toute influence, politique ou autre », a rapporté l’agence de presse en ligne : www.magharebia.com.

L’Article 8 du décret précise que « la mosquée assure une fonction d’orientation qui consiste à ordonner le bien et à proscrire le mal ». Pour ce faire, ces institutions religieuses doivent « contribuer à renforcer l’unité religieuse et nationale, préserver la société contre les idées fanatiques, extrémistes et exagérées, enraciner et consolider les valeurs de tolérance et de solidarité au sein de la société, lutter contre la violence et la haine, et contrer tout ce qui pourrait porter atteinte au pays ».

Le décret interdit strictement, en outre, « l’exploitation des mosquées aux fins de réaliser des objectifs illicites, soit personnels, soit collectifs, ou à des fins purement matérielles ». De même, l’Article 12 interdit « d’exploiter les mosquées en vue de porter préjudice à des personnes ou à des groupes ».

Une autre disposition encadre la collecte de fonds dans les mosquées désormais soumise à une autorisation administrative. Durant les années 1990, les mosquées étaient largement utilisées pour le financement de groupe terroristes.

Améliorer la formation des imams

Le ministre algérien des Affaires religieuses, Bouabdellah Ghlamallah, cité par Magharebia, a invité le 22 janvier les imams du pays, à s’engager « totalement dans la lutte contre l’extrémisme et l’obscurantisme ». Il a rappelé le rôle de la mosquée, qui est aussi « de préserver la société et de l’immuniser contre la division et la haine ». Selon Bouabdellah Ghlamallah, « les valeurs de tolérance, sont profondément enracinées dans la société algérienne ». Le peuple algérien a « plébiscité de la réconciliation nationale ». Il a placé « l’intérêt suprême du pays au-dessus de toute autre considération ».

Le 16 janvier dernier, il avait déjà annoncé que 800 imams ont été formés entre 2010 et 2012. Ce qui constitue une « amélioration progressive » du niveau de formation des imams, et répond aux doléances de la société. Quelque 1’500 autres imams conférenciers, 240 « imams principaux », ainsi que des muezzins et des enseignants du Coran ont aussi été recrutés par l’Etat. Ils sont tous diplômés de l’université et recevront une formation complémentaire dans des instituts religieux. (apic/ibc/mp)

29 janvier 2014 | 14:39
par webmaster@kath.ch
Partagez!