Vietnam: Le gouvernement refuse l’amnistie au Père Nguyen Van Ly

Prétexte: il n’a pas fait de progrès dans sa rééducation

Hanoï, 31 août 2009 (Apic) Le Père Thaddée Nguyen Van Ly, qui avait été condamné le 30 mars 2007 à huit ans de prison par le tribunal populaire de la province de Thua Thien-Hue pour diffusion de propagande contre la République socialiste du Vietnam, n’a pas reçu grâce de la part du gouvernement. Explication de ce dernier: l’amnistie n’est accordée «qu’aux personnes ayant fait des progrès dans leur rééducation».

Le général Le The Tiem, vice-ministre de la Sécurité publique a annoncé l’amnistie de la fête nationale du 2 septembre. Sur la liste, le Père dissident Nguyen Van Ly ne figure pas.

Trente-sept sénateurs américains avaient signé au début juillet de cette année une lettre envoyée au chef de l’Etat vietnamien, Nguyên Minh Triêt, lui demandant de libérer immédiatement le prêtre vietnamien. Ils dénonçaient le fait que le prêtre avait été jugé de manière expéditive, sans la présence d’un avocat.

Un habitué des geôles vietnamiennes

Le P. Ly a une expérience particulièrement longue des prisons communistes. Il fut incarcéré une première fois de 1977 à 1978 puis une seconde fois de 1983 à 1992. En novembre 2000, il entamait une retentissante campagne pour la liberté religieuse, jusqu’à une nouvelle arrestation en mai 2001, qui fut suivie d’une nouvelle condamnation à quinze ans de prison. Libéré le 1er février 2005, mais toujours assigné à la résidence surveillée, il ne tarda pas à reprendre sa lutte, lui donnant comme objectif, les droits de l’homme et la démocratie. Ces activités lui valurent le procès et la condamnation du 30 mars 2007.

Il a notamment été accusé d’être à l’origine du mouvement pro-démocratique «bloc 8406», né le 8 avril, qui s’oppose au parti communiste détenteur du pouvoir au Vietnam.

Santé précaire

Selon la sœur du prêtre, sa santé s’est nettement dégradée depuis la mi-juillet, suite à une chute dans sa cellule en mai 2009. Elle parle de paralysie des bras et pieds droits et de difficulté de déplacement.

A l’occasion de la fête nationale, le président a en revanche amnistié 5’459 prisonniers, dont 13 condamnés pour atteinte à la sécurité nationale ou opposition au régime, 11 membres des minorités ethniques des Hauts plateaux, condamnés entre 2003 et 2006 pour sabotage de «l’unité nationale», a indiqué le gouvernement. 19 étrangers, issus pour la plupart de pays asiatiques, mais également d’Australie, des Etats-Unis, du Canada et du Congo, bénéficient aussi de cette amnistie.

Un autre procès pour propagande contre le régime est en préparation dans le sud du Vietnam. Un avocat bien connu pour sa défense de ses confrères qui militent pour les droits humains, Le Cong Dinh, y est notamment impliqué. (apic/eda/ag/js)

31 août 2009 | 14:08
par webmaster@kath.ch
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