Suisse

Un prêtre de la FSSPX accusé de pédophilie

Un prêtre valaisan de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X (FSSPX) est jugé en seconde instance à Bruxelles, dans le cadre d’une accusation de pédophilie en Belgique. Il avait déjà été soupçonné pour de tels actes en Valais.

Le prêtre de la Fraternité traditionaliste séparée de Rome depuis 1988 est accusé d’avoir commis des attentats à la pudeur avec violences et menaces sur des enfants et jeunes adolescents, rapporte le 19 janvier 2017 le quotidien valaisan Le Nouvelliste. Après un premier procès en Belgique, il avait été acquitté au bénéfice du doute en mai 2015. Le parquet et une partie civile ont toutefois interjeté un appel. Le second procès s’est ouvert le 17 janvier dans la capitale belge.

Enregistrement secret

En 2011, deux frères hébergés à l’internat d’une école de la Fraternité ont rapporté à leurs parents des comportements pédophiles de la part du prêtre. Les actes auraient été commis dans le dortoir de l’établissement. Un troisième garçon a ensuite affirmé avoir été victime de ses agissements, assurant que les deux frères avaient également été approchés. Les deux frères disent aujourd’hui ne se souvenir de rien, contrairement au troisième garçon. C’est la famille de ce dernier qui a fait appel de l’acquittement.

Le prêtre, issu d’une famille de longue date engagée au sein de la FSSPX, a toujours nié, devant le tribunal, les accusations. Il a juré devant Dieu son innocence.

Lors des premiers jours du procès en seconde instance, son supérieur a révélé avoir enregistré secrètement une conversation avec l’accusé, à l’époque des faits. On y entendrait le prêtre nier les accusations, tout en reconnaissant des phantasmes et des tentations.

Surveillant de dortoir

Dans cet enregistrement, l’accusé évoquait également une autre affaire, qui s’est déroulée en Valais. Lors d’un camp d’été en 2005, le prêtre a été accusé de gestes déplacés par la famille d’un garçon. Le cas n’a pas été porté devant la justice. Mais selon Laurent Kennes, l’avocat du prêtre, une enquête interne a été menée par la FSSPX. L’accusé avait été acquitté par manque de preuve. Suite à cela, il a été transféré en Belgique, avec la consigne de ne plus avoir de contact avec des enfants.

A Bruxelles, le prêtre n’aurait eu dans un premier temps que des tâches administratives. Il aurait cependant fini par s’occuper de la surveillance de nuit d’un dortoir. Un manquement que le tribunal a reproché à la Fraternité. Selon le journal belge La Capitale, le supérieur de l’accusé aurait expliqué que ce dernier avait entrepris «dans son dos» de s’approcher des enfants. Contacté par cath.ch, la Fraternité Saint Pie X n’a pas encore répondu à la demande d’information. L’audience doit reprendre en mai. (cath.ch/nouv/rz)

La FSSPX est notamment présente à Ecône, en Valais
19 janvier 2017 | 16:04
par Raphaël Zbinden
FSSPX (56), Pédophilie (128), Valais (108)
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