Berne: Les partis chrétiens divisés sur la question du renvoi des criminels étrangers
Prise de position sur l’initiative et le contre-projet
Berne, 8 novembre 2010 (Apic) Tout comme les Eglises et communautés religieuses, les partis d’inspiration chrétienne ont pris position sur l’initiative «pour le renvoi des étrangers criminels». Tour d’horizon des mots d’ordre.
Le 28 novembre, les Suisses devront se prononcer sur l’initiative «pour le renvoi des étrangers criminels» ainsi que sur le contre-projet du gouvernement, intitulé «Expulsion et renvoi des criminels étrangers dans le respect de la Constitution».
Le PDC (Parti Démocrate-Chrétien) s’oppose à l’initiative mais soutient le contre-projet. Le parti regrette que l’initiative ne prenne pas en compte la gravité des délits et réduise la marge d’appréciation dont disposent les autorités. Il salue l’extension, dans le contre-projet, de la liste des délits aux lésions corporelles graves et aux escroqueries économiques et remarque que le texte respecte la Constitution et le droit international. D’autre part, le PDC souligne qu’il a «joué un rôle déterminant dans l’élaboration du contre-projet».
Le PCS (Parti chrétien-social) rejette aussi bien l’initiative que le contre-projet. Selon les délégués, «les dispositions légales existantes sont largement suffisantes pour renvoyer des criminels et ni l’initiative, ni la contre-proposition ne sont de nature à améliorer la sécurité en Suisse.»
Le PCC (Parti chrétien-conservateur) refuse l’initiative mais appuie le contre-projet. D’après le parti, le contre-projet répond aux attentes du PCC, est «équilibré» et s’inscrit dans le droit international.
Le PEV (Parti Evangélique) rejette l’initiative et soutient le contre-projet. Ces décisions, prises respectivement par 75 voix contre 14 et 75 voix contre 12, sont fondées sur l’analyse suivante: l’initiative ne respecte ni le principe juridique de proportionnalité, ni celui de non-refoulement car elle mélange infractions graves et délits mineurs et qu’elle prévoit le renvoi automatique des criminels, même en cas de danger avéré pour leur vie. Le contre-projet contient quant à lui un catalogue de délits précis, complet et standardisé et respecte les droits fondamentaux, les principes de base de la Constitution et le droit international.
Enfin l’UDF (Union Démocratique Fédérale) accepte l’initiative et s’oppose au contre-projet. Ces décisions, qui ont «divisé» le parti, ont été prises par 47 voix contre 5 et 46 voix contre 5. Pour la majorité des délégués, «l’initiative permettra de dissuader bon nombre d’étrangers de commettre des actes délictuels, que les individus soient originaires d’Etats membres de l’Union européenne ou non.» Une minorité soutient cependant que «l’initiative ne résoudra pas les problèmes de fond liés à la criminalité».
Les partis d’inspiration chrétienne, divisés sur la question du renvoi des criminels étrangers, défendent des positions symptomatiques de leurs différentes conceptions de la politique, de la société et du vivre-ensemble. Le «label chrétien», comme souvent lors de votations, n’est pas ici synonyme d’unanimité.
Positions des Eglises et communautés religieuses
Rappelons que l’Eglise catholique, représentée par la Conférence des évêques suisses (CES), avait pris position aussi bien contre l’initiative que contre le contre-projet. La Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) et La Fédération suisse des communautés israélites (FSCI) avaient pour leur part rejeté l’initiative mais accepté le contre-projet. (apic/com/amc)



