«Prix de la honte» en matière d’environnement et de droits humains
Suisse: Des «Public Eye Awards» aux entreprises les plus irresponsables
Lausanne, 10 janvier 2011 (Apic) Des «Prix de la honte» seront une nouvelle remis cette année à l’occasion du Forum Economique Mondial (WEF) de Davos à des entreprises qui laissent beaucoup à désirer en matière d’environnement et de droits humains. Le 28 janvier prochain, à proximité immédiate du WEF, la Déclaration de Berne et Greenpeace remettront une nouvelle fois les «Public Eye Awards» aux entreprises «les plus irresponsables», dont notamment Foxconn, Axpo, BP et Philip Morris.
Six grandes entreprises sont nominées cette année pour les prix de la honte, dont Foxconn, Axpo, BP et Philip Morris. Le vote des internautes pour le Prix du public s’est ouvert lundi sur www.publiceye.ch, avec des parodies de publicité mordantes.
Vote en ligne pour élire la pire entreprise de l’année, dont Axpo, en Suisse
A l’occasion de la remise des prix le 28 janvier, le parlementaire européen Richard Howitt (Angleterre, membre de l’Alliance progressiste des socialistes & démocrates au Parlement européen/S&D), décrira les initiatives politiques actuelles visant à renforcer la responsabilité sociale d’entreprise. Daniel Domscheit-Berg, un ancien de Wikileaks, présentera la nouvelle plateforme de lanceurs d’alerte (»whistleblowing») OpenLeaks consacrée aux agissements des multinationales.
Le vote en ligne pour élire la pire entreprise de l’année démarre le 10 janvier pour se clore le 27 janvier prochain. Parmi les nominés, on retrouve les six cas les plus scandaleux qu’un jury de spécialistes a sélectionnés à partir d’une liste de 30 entreprises proposées par des ONG.
Dix-huit employés de Foxconn se sont suicidés en 2010
Le Taïwanais Foxconn produit des composants informatiques pour Apple, Dell, Nokia et d’autres grandes marques. Dix-huit de ses employés se sont suicidés en 2010 à cause des conditions de travail dans ses gigantesques usines en Chine et de salaires misérables, affirme «The Public Eye Awards», un projet de la Déclaration de Berne et de Greenpeace Suisse.
Le distributeur d’énergie suisse Axpo, quant à lui, a caché pendant des années qu’il se procurait de l’uranium auprès de l’usine de retraitement de Maïak, en Russie. «Maïak est l’endroit le plus irradié au monde, avec des taux de cancers et de fausses couches largement supérieures à la normale», notent les deux organisations.
L’entreprise minière sud africaine AngloGold Ashanti est également nominée, «car son activité d’extraction d’or empoisonne depuis des années les sols et les habitants au Ghana et parce que ses agents de sécurité pratiquent la torture et maltraitent les employés».
Le finlandais Neste Oil vend dans toute l’Europe un agrocarburant à base d’huile de palme sous l’appellation trompeuse de «Green Diesel», entraînant toujours plus d’expropriations et de déforestations dans les pays d’Asie du Sud-Est. Le cinquième nominé est le cigarettier américain Philip Morris, dont le siège principal est à Lausanne, pour la plainte qu’il a déposé contre la nouvelle loi anti-tabac de l’Uruguay.
Philip Morris combat les politiques de santé des pays en voie de développement
En s’appuyant sur un accord de protection de l’investissement entre la Suisse et l’Uruguay, l’entreprise tente de faire primer les intérêts de l’industrie du tabac sur les politiques de santé des pays en voie de développement.
«Ce panel d’entreprises sans scrupules se complète avec la multinationale pétrolière BP, responsable de la marée noire du Golfe du Mexique qui a coûté la vie à 11 personnes et a mis en péril à long terme de gigantesques zones océaniques», écrit «The Public Eye Awards» dans un communiqué publié lundi 10 janvier.
En lieu et place d’une cérémonie de remise des prix, le «Public Eye» (L’Oeil public) mettra en lumière les «comportements irresponsables des grandes entreprises» au cours d’une conférence de presse internationale.
Lors de celle-ci, les lauréats du Global Award (le prix du jury) et du People’s Award (le prix du public) seront «honorés». En outre, Richard Howitt, parlementaire européen et spécialiste de la responsabilité sociale des entreprises, présentera un aperçu des derniers développements politiques en la matière au niveau européen et mondial. Enfin, Daniel Domscheit-Berg, qui a quitté Wikileaks en septembre 2010, présentera avec OpenLeaks un système de lanceur d’alerte (»whistleblowing») efficace et transparent consacré aux entreprises. Pour en savoir plus : www.publiceye.ch (apic/com/be)




