«Problèmes d’alcool, Eglise et société», Paris, 1999, 200p, 95 FF. coédition Centurion/Cerf/Fleurus-Mame.
Lausanne: L’Eglise évangélique réformée vaudoise en marche vers «L’Eglise A Venir»
Les paroisses vaudoises diminuent de moitié, passant de 158 à 84
Lausanne, 14 mars (APIC) L’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV) a connu un nouveau temps fort dans sa mutation vers «L’Eglise A Venir» (EaV). Réuni en session extraordinaire à Lausanne les 12 et 13 mars, le Synode a adopté le découpage en paroisses des 18 régions définies en novembre dernier. Le Synode a adopté sans grande discussion le partage des paroisses, qui diminueront quasiment de moitié, passant ainsi de 158 à 84.
Ce découpage n’a provoqué des litiges que dans deux cas: Yverdon qui refusait d’être scindée en deux et Ormont-Dessus qui refuse de fusionner avec ses voisins. Ce découpage sera évalué d’ici 2004 et les modifications éventuelles seront alors soumises au Synode. Cependant, au sujet de la Région 4 (Nord-Vaudois), M. Mousson, président de la paroisse d’Yverdon, s’est opposé avec virulence contre la «fragmentation» de sa paroisse en deux parties. «On veut diviser pour régner», a-t-il protesté, proposant un amendement qui maintienne l’unité de sa paroisse, laquelle compterait alors 11’087 protestants, avec 5 ministres et 3 églises. Le pasteur X. Paillard, au nom de l’Equipe de mise en oeuvre (EMO), a souligné que la disproportion de cette paroisse – la plus grande du canton – a posé par le passé des problèmes d’organisation. Le Synode a refusé l’amendement.
La guerre dans le Haut-Pays aura-t-elle lieu?
Le Synode a appris que les responsables de la paroisse d’Ormont-Dessus, pasteur Georges Besse en tête, ont créé une fondation dotée de 100’000 francs dont les buts sont strictement identiques à ceux de l’Eglise officielle. Cette opération apparaît clairement comme un total refus vis-à-vis d’EaV. Dans le cadre de la Région 18, cette paroisse se voyait fusionnée avec ses trois voisines, ce que ses dirigeants n’admettent pas. Etant donné la situation, le diacre J. Wenger a souhaité que l’on conserve à cette paroisse son autonomie.
Les esprit s’échauffent
«Le Conseil synodal n’a certes pas été content d’apprendre cette manoeuvre, a déclaré le Conseiller synodal P.-A. Schütz. Mais l’exécutif ne peut admettre d’exception aux principes fixés pour EaV et concevoir une paroisse avec 1/2 poste pastoral seulement.» Et plusieurs délégués, choqués par ce baroud d’honneur, de s’échauffer: «Refus de collaborer», «déloyauté», «divorce», «rébellion», a-t-on entendu. «Ces personnes acceptent-elles les principes de notre Eglise et en sont-elles encore membres?» a même demandé un délégué.
Le Conseil synodal a songé à ouvrir une procédure disciplinaire à l’encontre du pasteur Besse, mais y a renoncé au profit d’un blâme. Le professeur D. Marguerat a appelé le Synode à ne pas durcir la situation, même si le pasteur en cause a commis une «grave faute déontologique». Après un long débat, le Synode a adopté un texte disant qu’il «regrette» la création de cette fondation et qu’il exhorte les paroisses à vivre la mise en place d’EaV dans le partage.
Services communautaires et aumôneries
La vie de l’Eglise ne se réduit pas aux paroisses: hôpitaux, rues, écoles et prisons sont aussi des lieux où agissent des ministres de l’EERV. Le Conseil synodal souhaitait, par la création de 3 départements et 2 services, clarifier les activités de l’Eglise, lesquelles sont actuellement gérées par une quarantaine de commissions. Le Synode a suivi ce principe et a adopté la création des départements «Formation et accompagnement»; «Présence et solidarité» et «Information et dialogue», ainsi que du «Service des ressources humaines» et du «Service de la chancellerie et des finances». Un concept de transversalité a été établi pour décloisonner les régions. Cette notion exprime la nécessité d’articuler les niveaux cantonal et régional, en rassemblant les personnes qui travaillent dans le même domaine au sein de chaque région. (apic/spp/be)



