Mais pas la primauté du pape
Prochain consistoire: Une réforme de la curie est à l’ordre du jour
Rome, 30 avril 2001 (APIC) Une réforme de la curie romaine est à l’ordre du jour du prochain consistoire, qui se tiendra du 21 au 24 mai prochain à Rome. Prochain consistoire: Une réforme de la curie est à l’ordre du jour.
Une réforme de la curie romaine, des synodes et du fonctionnement des Conférences épiscopales sont les principaux défis auxquels les cardinaux devront réfléchir à l’occasion du consistoire demandé par Jean-Paul II le 26 février dernier. 21 questions traitant de sept thèmes différents en plus du rôle des évêques et des cardinaux, les participants aborderont les sujets de la morale sexuelle et familiale, le pluralisme religieux, les nouvelles formes de croyances, ou encore les media – ont été envoyées aux cardinaux ces derniers jours de manière à ce qu’ils puissent le préparer. C’est ce que rapporte le quotidien italien «Il Messaggero» du 30 avril 2001.
Le thème général concerne «les relations entre l’universalité et la particularité dans la communion ecclésiale». Reprenant les grands points de la lettre apostolique «Novo millennio ineunte», le document ne fait aucune allusion à la primauté du pape, ni à la question de l’oecuménisme.
Le thème le plus attendu, déjà supposé par les journaux avant que les cardinaux ne reçoivent le document préparatoire, est celui de la collégialité épiscopale. Le document met ainsi en valeur le rôle des évêques comme «pasteurs des Eglises particulières». Dans le même domaine, le document parle également de «la réforme de la curie romaine, de l’organisation des synodes et du fonctionnement des Conférences épiscopales».
«Beaucoup reste à faire pour exprimer au mieux la puissance de ces instruments», souligne le texte. Le thème de la réforme de la curie avait déjà été abordé par Jean Paul II lors du consistoire de novembre 1985, qui y avait été entièrement consacré. Ce sujet devrait également être étudié lors du prochain synode pour les évêques octobre 2001 -, qui traitera justement du rôle de l’évêque.
«Mondialisation de la solidarité»
Un autre thème abordé sera celui de l’attitude que doit avoir l’Eglise face au «scandale mondial de la misère». D’après «Il Messaggero», le document préparatoire au consistoire parle de «favoriser» une «mondialisation de la solidarité». Les évêques tenteront ainsi de trouver une réponse à l’invitation de Jean Paul II dans sa lettre «Novo millennio ineunte» à faire preuve d’inventivité et d’imagination pour répondre aux besoins des pauvres, de façon à ce que les gestes d’aide à leur égard soient ressentis, non pas comme «une aumône humiliante», mais «comme un partage fraternel».
La morale sexuelle et familiale sera également à l’ordre du jour. Les cardinaux tenteront en particulier d’analyser la «dissociation» des fidèles de l’enseignement de l’Eglise. Jean Paul II désire ainsi attirer l’attention sur la pastorale de la famille, dont il soulignait dans «Novo millennio ineunte», la «crise diffuse et radicale». «Sur ce point, l’Eglise ne peut céder aux pressions d’une certaine culture, même si celle-ci est répandue et parfois militante», affirmait-il, en encourageant à une «éducation évangélique» des familles chrétiennes, pour qu’elles donnent «un exemple convainquant de la possibilité d’un mariage vécu de manière pleinement conforme au dessein de Dieu et aux vraies exigences de la personne humaine».
Le prochain consistoire abordera par ailleurs le thème des nouvelles croyances, des sectes et des formes de religiosité «naturiste, vitaliste et magique». Le dialogue interreligieux sera également à l’ordre du jour, avec l’objectif de trouver une manière d’annoncer le Christ dans le contexte actuel.
«Une vraie pédagogie»
Le document traite enfin du défi des média pour l’Eglise et l’évangélisation, et laisse ouverte la question de savoir comment l’Eglise, aujourd’hui, doit proposer la sainteté «dans toute sa radicalité évangélique». Les cardinaux pourront se référer à la lettre apostolique de Jean Paul II dans laquelle il soulignait que si la sainteté est accessible à tous, elle demande toutefois «une vraie pédagogie» que l’Eglise doit mettre en oeuvre à travers ses formes d’aide traditionnelles, et à travers les nouveaux mouvements et associations qu’elle reconnaît.
D’après «Il Messaggero», le document envoyé ces jours-ci aux cardinaux précise par ailleurs à la fin que les participants pourront soulever «librement» des problèmes retenus comme «plus urgents». Ainsi, ajoute le quotidien italien, l’allusion à un éventuel Concile Vatican III «n’est pas à exclure».
Ce consistoire voulu par Jean Paul II lui-même, permettra donc au pape de reprendre les grands thèmes de sa lettre apostolique, voulant ainsi animer l’Eglise d’un «dynamisme spirituel», et enrichir le «code génétique» de l’Eglise, «son unité, sa sainteté, sa catholicité et son apostolicité». Le consistoire se terminera le 24 mai par une messe solennelle présidée par le pape et tous les cardinaux, à l’occasion de la fête de l’Ascension. (apic/imed/pr)



