Proche-Orient: la Suisse doit dénoncer les violations du droit international
Caritas Suisse demande au Conseil fédéral de s’engager davantage au Proche-Orient et de se positionner clairement en faveur du respect du droit international. Au Liban, dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, la crise humanitaire s’aggrave.
«La Suisse doit nommer explicitement les violences contre les civils et les blocages de l’aide humanitaire. Sa tradition humanitaire l’y oblige», martèle Martin Hiltbrunner, responsable des programmes humanitaires chez Caritas Suisse. Dans un communiqué du 9 avril 2026, l’œuvre d’entraide catholique critique la réaction hésitante de la communauté internationale et demande également au Conseil fédéral de jouer un rôle plus actif. «Être neutre ne signifie pas détourner le regard. Lorsque le droit international est violé, il faut une position claire et une action déterminée», poursuit Martin Hiltbrunner.
La Suisse doit actionner tous les leviers diplomatiques, juridiques, politiques et économiques et œuvrer pour que le droit humanitaire international soit à nouveau respecté. En outre, pour Caritas, le Conseil fédéral doit exclure systématiquement l’exportation vers la région de biens pouvant être utilisés à la fois à des fins civiles et militaires (double usage). «Cela permettrait d’éviter que la Suisse ne contribue à la guerre», explique Hiltbrunner.
Déplacements massifs de population au Liban
«Plus de 1,2 million de personnes ont été contraintes de quitter leur maison au Liban pour échapper à la violence», explique Martin Hiltbrunner. Dans le sud du pays et dans la banlieue sud de Beyrouth, l’armée israélienne multiplie les ordres d’évacuation. Les collaborateurs sur place font état de la poursuite des combats, de la destruction des infrastructures et des déplacements massifs de population. «La population civile est particulièrement touchée et il devient de plus en plus difficile d’acheminer l’aide humanitaire.»
Ces dernières semaines, les attaques ont tué plus de 1200 civils et 51 employés du secteur de la santé.
Situation humanitaire tendue dans la bande de Gaza et en Cisjordanie
Dans la bande de Gaza aussi, l’approvisionnement reste critique et l’accès à l’aide vitale est très limité. En mars, seuls 340 camions environ passaient chaque semaine les postes-frontières, alors qu’il en faudrait dix fois plus, soit environ 3000, pour couvrir les besoins de la population civile. En raison des attaques iraniennes contre Israël, une organisation partenaire de Caritas Suisse n’a pu acheminer que 26 chargements de camions à Gaza en mars, contre 95 en février.
Parallèlement, la situation en Cisjordanie s’aggrave. Des collaborateurs du réseau Caritas font état d’une augmentation massive des violences commises par les colons israéliens à l’encontre de la population civile palestinienne. L’ONU a documenté 150 attaques de ce type en mars. (cath.ch/com/rz)





