Pologne: Bartholomée Ier appelle les jeunes chrétiens à résister à la sécularisation de l’Europe

Promouvoir la justice, l’éthique chrétienne et l’idée du bien commun

Varsovie, 5 janvier 2010 (Apic) Dans un message adressé à une rencontre œcuménique, le patriarche œcuménique Bartholomée Ier – primus inter pares dans la hiérarchie de l’Eglise orthodoxe – a appelé les jeunes chrétiens à résister à la sécularisation en Europe.

« Après la chute du mur de Berlin, l’Europe ne reconnaît plus au christianisme la place que l’histoire lui avait consacrée. Le christianisme est comme expulsé de l’histoire de l’Europe », a déclaré le patriarche de Constantinople Bartholomée Ier, dont le siège est à Istanbul.

Le patriarche a lancé son appel dans un message adressé à une rencontre européenne de jeunes, organisée par la Communauté œcuménique de Taizé du 29 décembre au 2 janvier à Pozna, en Pologne.

« Or, nous tenons à rappeler ici que l’identité de l’Europe est avant tout chrétienne et qu’elle ne peut être envisagée sans cet héritage », a-t-il déclaré dans son message. « La sécularisation de l’Europe prend ici la forme d’un rejet de Dieu de l’histoire. Néanmoins, la mobilisation des chrétiens de toute l’Europe, ainsi que le manifeste le rassemblement de Pozna constituent une initiative importante rappelant les racines chrétiennes de ce continent, son identité et ses valeurs. »

Le patriarche a déclaré: « Alors que l’Europe vient de commémorer le vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin, cet événement n’est aucunement envisageable sans la mobilisation des chrétiens.

« Depuis les manifestations non-violentes organisées par les Églises protestantes de Leipzig, jusqu’aux efforts internationaux déployés par le Pape de Rome Jean Paul II qui ne cessait de crier ›N’ayez pas peur’, en passant par la mobilisation des Églises orthodoxes à l’intérieur comme à l’extérieur du bloc soviétique, la chute du mur de Berlin n’est pas uniquement la fin d’une séquence historique ou encore un événement purement politique, sa grandeur est œcuménique. »

Selon un communiqué de la Communauté de Taizé, plus de 30’000 jeunes européens sont venus à la rencontre, la 32e depuis 1978. Ils ont été hébergés dans 150 paroisses catholiques romaines de la région de Grande-Pologne.

L’archevêque anglican de Cantorbéry, Rowan Williams, a déclaré dans son message à la rencontre que « l’humanité est défigurée et blessée par de fausses idées de la richesse, de fausses idées de la sécurité, de fausses idées de la liberté. »

Le patriarche orthodoxe russe Cyrille Ier a, pour sa part, affirmé que l’avenir de l’Europe dépendra de la volonté des jeunes à promouvoir « la justice, l’éthique chrétienne et l’idée du bien commun. »

Par ailleurs, le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a salué l’accent mis par la rencontre sur les thématiques sociales et a insisté sur le fait qu’ »ensemble, nous pouvons améliorer le monde. »

La rencontre de Poznan était la quatrième du genre à être organisée en Pologne par la communauté de Taizé, qui porte le nom du village de Bourgogne où elle a été fondée. La prochaine rencontre aura lieu en décembre à Rotterdam. (apic/eni/js)

5 janvier 2010 | 17:28
par webmaster@kath.ch
Partagez!