Propos recueillis par Jean-Claude Noyé
(*) «Bâtir sur le rock: les jeunes, la musique et Dieu», Desclée de Brouwer, 150 FF
o
o
o
o
Bruxelles: La baisse de la participation de la Suisse à l’aide au développement critiquée
Seul 0,32% du PNB suisse en 1996
Bruxelles 16 octobre 1997 (APIC) La Communauté de travail Swissaid/Action de Carême/Pain pour le Prochain/Helvetas/Caritas déplore le faible taux actuel de l’aide publique suisse au développement, taux qui va encore se réduire. En 1996, en effet, la Suisse n’a consacré que 0,32% de son produit national brut (PNB) à l’aide aux pays du Sud. La baisse amorcée depuis 1994 se poursuit et l’aide n’atteindra plus que 0,29% du PNB d’ici l’an 2000. En dépit de la promesse du Conseil fédéral d’arriver à 0,4% avant la fin du siècle.
Dans «The Reality of Aid», un rapport international d’organisations non gouvernementales (ONG) publié jeudi à Bruxelles, à la veille de la Journée mondiale pour l’éradication de la pauvreté, les ONG déplorent qu’avec 0,25% du PNB, l’aide publique au développement (APD) des membres de l’OCDE ait atteint en 1996 son niveau le plus bas depuis 1950, date à partir de laquelle les statistiques sont disponibles.
Loin des 0,7% demandés par l’ONU
A titre de comparaison, l’Organisation des Nations Unies encourage les pays à allouer 0,7% de leur PNB à l’APD. Alors que l’on coupe dans les budgets de l’APD, les investissements privés vers les pays du Sud montent en flèche pour atteindre un niveau 4 fois supérieur à l’aide publique. Mais contrairement à l’APD, ils ne se dirigent pas vers les pays les plus pauvres; de plus, ils ne privilégient pas les secteurs de l’éducation ou de la santé. Le rapport international «The Reality of Aid» paraît chaque année depuis 1993. Il représente un complément critique au rapport officiel de l’OCDE dans une perspective non gouvernementale.
Généreuse, la Suisse pourrait cependant faire beaucoup mieux
Selon ce rapport, dont la partie consacrée à la Suisse a été élaborée par la Communauté de travail des œuvres suisses d’entraide, la Suisse se situe au 8ème rang des pays les plus généreux, mais bien après la Hollande ou le Danemark qui, malgré leurs propres difficultés financières, ont déjà largement dépassé la barre des 0,7%.
Seule lueur d’espoir dans le climat d’assainissement budgétaire (déjà 1,3 milliard de francs de coupures au cours de ces 5 dernières années) : la création de la Fondation de solidarité qui devrait allouer 150 à 200 millions de francs à l’étranger et permettre d’investir 0,03 % du PNB suisse en plus dans la solidarité internationale.
La coopération au développement maintient près de 20’000 emplois en Suisse
La Communauté de travail regrette la baisse de la participation de la Confédération «d’autant plus que l’aide n’est pas de l’argent jeté par la fenêtre. Sa qualité et son efficacité sont très largement reconnues». Selon une étude de la Direction du Développement et de la Coopération (DDC), cette aide a rapporté à la Suisse de fr.0, 90 à fr1, 02 pour chaque franc dépensé en 1994. La coopération au développement maintient aussi 16’000 à 23’000 emplois en Suisse.
Une autre critique apportée à la politique de la Suisse est son incohérence face aux pays en développement. La Communauté de travail donne ainsi l’exemple d’un camp de réfugiés en Birmanie. Ce dernier est financé en commun par Swissaid, Caritas et par la Confédération suisse elle-même. Or ce camp a été bombardé en mars 1996 par des avions Pilatus vendus par une entreprise suisse à la dictature militaire birmane. (apic/com/ba/be)



