Suisse: La Société pour les peuples menacés opposée à l’initiative anti-minarets
Protéger les minorités en se rendant aux urnes
Berne, 13 novembre 2009 (Apic) La Société pour les peuples menacés (SPM) est opposée à l’initiative anti-minarets qui vise la communauté musulmane en tant que telle. Dans un communiqué publié vendredi 13 novembre, la SPM, une ONG basée à Berne et présidée par Ruth-Gaby Vermot-Mangold, ancienne conseillère nationale socialiste bernoise et députée au Conseil de l’Europe, rappelle qu’elle place au premier plan de ses objectifs la défense des minorités, d’où quelles soient.
«L’initiative contre la construction de minarets exige une disposition d’exception contre la communauté musulmane suisse et doit donc être rejetée massivement le 29 novembre», écrit la SPM. Qui demande également au peuple suisse de se prononcer en faveur de l’initiative pour l’interdiction d’exporter du matériel de guerre, arguant que «la plupart du temps, ce sont les minorités qui sont le plus en danger parmi la population civile lors de conflits guerriers».
La SPM s’engage en faveur de la tolérance, également dans la sphère religieuse. Le comité à l’origine de l’initiative pour l’interdiction des minarets – Comité d’Egerkingen, issu des rangs de l’UDC (Union démocratique du Centre) et de l’UDF (Union démocratique fédérale) – prétend toutefois que cette dernière n’est dirigée qu’à l’encontre des minarets. «Mais il est évident, dans les faits, qu’il souhaite par là même obtenir une disposition d’exception contre la communauté musulmane. L’initiative a pour but d’empêcher les musulmanes et musulmans de ce pays de montrer publiquement, tout comme les autres communautés religieuses, leur lieu de culte. Elle s’oppose ainsi clairement aux droits de l’Homme garantis sur le plan international, telle que la liberté de religion, de conviction et l’interdiction de tout type de discrimination», soutient la SPM. Qui relève que les initiateurs soulèvent également de vieilles peurs contre les étrangers et se plaisent à oublier que toujours plus de citoyennes et citoyens suisses appartiennent à la communauté islamique.
Oui à l’interdiction d’exporter du matériel de guerre
Les armes sont fabriquées pour détruire et tuer, affirme l’ONG suisse. «Durant les conflits de guerre, les membres de la population civile les plus en danger appartiennent généralement aux minorités: que ce soit en raison de leur faiblesse sociale ou que ce soit parce que les gouvernements les considèrent comme des boucs émissaires responsables du conflit ou les déclare même clairement comme leurs ennemis», avance la SPM. Le matériel de guerre suisse, tels que les chars de grenadiers Mowag, les avions Pilatus ou bien encore les armes légères et munitions correspondantes, «est régulièrement utilisé contre la population civile elle-même». (apic/com/be)



