L'église luthérienne de Terijoki, dans l'Isthme de Carélie, dans un territoire cédé par la Finlande à l'URSS (Photo: Stoljaroff wikipedia)
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L'église luthérienne de Terijoki, dans l'Isthme de Carélie, dans un territoire cédé par la Finlande à l'URSS (Photo: Stoljaroff wikipedia)

Les protestants russes, défenseurs des valeurs morales traditionnelles

08.11.2017 par Jacques Berset, cath.ch

La majorité des protestants russes, contrairement à leurs homologues occidentaux, défendent les valeurs morales traditionnelles et restent fidèles aux prescriptions de l’Ecriture Sainte, affirme le métropolite Hilarion de Volokolamsk.

Le chef du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou (DREE) déplore que “plusieurs communautés protestantes en Europe du Nord et de l’Ouest qualifient de normales des choses que l’Ecriture Sainte décrit comme étant des péchés”.

L’agence de presse russe Interfax rapporte que le métropolite Hilarion a déclaré, lors d’une réception consacrée au 500e anniversaire de la Réforme, que de nombreuses Eglises protestantes étaient actuellement gagnées par un processus d’extrême libéralisation de l’enseignement de la théologie et de la doctrine morale. Sous l’influence de l’idéologie séculariste, elles ont introduit un rituel de “bénédiction” des unions homosexuelles ainsi que “d’autres nouveautés”.

La “bénédiction” des unions homosexuelles

Le métropolite a ajouté toutefois que “la plupart des protestants et la majorité absolue des protestants russes” sont favorables à maintenir une attitude traditionnelle envers les valeurs morales. Il a exprimé l’espoir que cette position resterait inébranlable.

“Si vous suivez le principe ‘sola scriptura’ (par l’Ecriture seule, expression latine désignant le principe protestant selon lequel la Bible est l’autorité ultime et unique à laquelle les chrétiens et l’Eglise se soumettent, pour la foi et la vie chrétienne, ndlr), alors il vaut mieux le suivre en tout, même dans les questions où cette position diffère de l’opinion du monde profane”, a poursuivi le hiérarque de l’Eglise russe.

Haro sur la laïcité militante

Le 22 septembre 2017, prononçant le discours d’ouverture du colloque international sur l’avenir chrétien de l’Europe, à la résidence de l’ambassadeur de Russie en Grande-Bretagne,  le métropolite Hilarion de Volokolamsk avait affirmé que le déclin du christianisme dans le monde occidental contemporain pouvait être comparé à la situation dans l’Empire russe avant la Révolution de 1917.

“Dans l’Europe moderne, la laïcité militante s’est transformée en une puissance autonome qui ne tolère pas la dissidence, avait-il affirmé à Londres. Elle permet à des groupes minoritaires bien organisés d’imposer avec succès leur volonté à la majorité sous prétexte de respecter les droits de l’homme. Aujourd’hui, les droits de l’homme ont été essentiellement transformés en un instrument de manipulation de la majorité, et la lutte pour les droits de l’homme en dictature de la minorité par rapport à la majorité!”

L’Union européenne dans le collimateur

Malheureusement, a-t-il insisté, il convient de noter qu’il ne s’agit pas là d’incidents isolés, mais d’un système de valeurs déjà constitué et soutenu par l’Etat et les institutions supranationales de l’Union européenne. “L’idéologie laïciste a imposé son monopole en Europe et sa manifestation est l’évacuation de l’espace public de la vision du monde religieuse”.

De telles visions politiques sont tout à fait à l’opposé de celles qui étaient à la base de l’Union européenne, estime-t-il, “et ce genre de rhétorique me semble suicidaire pour le continent européen”.

Et de citer “la légalisation de l’avortement, l’encouragement à la promiscuité sexuelle et les tentatives systématiques de porter atteinte aux valeurs familiales, qui ont entraîné une profonde crise démographique dans de nombreux pays européens”.

Cette crise, accompagnée d’une crise identitaire, a-t-il lancé en empruntant le ton alarmiste du ‘grand remplacement’ (théorie conspirationniste, selon laquelle les Européens pourraient bientôt être évincés démographiquement par des peuples non européens, ndlr), “conduira à une situation dans laquelle d’autres peuples habiteront l’Europe avec une religion, une culture et des paradigmes de valeurs différents”. (cath.ch/interfax/mospat/be)


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