Pays-Bas: Appels des chrétiens palestiniens en faveur de sanctions

Prudence des Eglises face à ce document

Utrecht, Pays-Bas, le 4 janvier (Apic) Les Eglises des Pays-Bas ont réagi avec prudence suite à la publication en néerlandais d’une déclaration signée par des chrétiens palestiniens, qui appelle à la fin de l’occupation israélienne des territoires palestiniens et demande une action économique contre Israël.

La déclaration qualifie l’occupation de « péché contre Dieu et contre la personne humaine ».

Les initiateurs de l’appel, qu’ils ont présenté le 11 décembre à Bethléem, le désignent sous le nom de document « Kairos Palestine ». Kairos est un mot grec utilisé dans la Bible pour évoquer un moment opportun de grâce donné par Dieu pour agir.

La traduction néerlandaise du document a été présentée aux responsables religieux du pays à l’occasion d’une cérémonie organisée à Utrecht le 22 décembre.

Selon les auteurs palestiniens, ce document se veut l’écho du document Kairos publié par les Eglises d’Afrique du Sud au milieu des années 1980, qui avait permis de galvaniser les Eglises et l’opinion publique à travers un effort concerté qui avait fini par entraîner la fin de l’apartheid.

Le document palestinien appelle à la résistance non violente au « péché » qu’est l’occupation israélienne, notamment au moyen de boycotts économiques, du désinvestissement et de sanctions.

Grande prudence face à cet appel

Dans un communiqué publié après la réception du document, Arjan Plaisier, secrétaire général de l’Eglise protestante des Pays-Bas, a rejeté l’appel à un boycott de la part des consommateurs. Il a toutefois proposé de remettre en question les entreprises qui s’installent ou investissent dans les colonies israéliennes en territoire palestinien.

Jack van Ham, président du Conseil de direction d’ICCO, une organisation d’Eglise de défense de la justice sociale, a déclaré que, outre le dialogue, un appel à boycotter les entreprises qui profitent de l’occupation « semble la moindre de choses ».

Gerard Kruis, secrétaire général de la Conférence épiscopale des Pays-Bas, a annoncé que les évêques se pencheraient sur le document en janvier.

Henk van Hout, président du Conseil des Eglises des Pays-Bas, a souligné que « le fait que nous ayons reçu le document ne signifie pas que nous en adoptons automatiquement la vision et la stratégie. »

«Un amas de «propagande et de duperie»

Le document rejette également le sionisme chrétien, qui croit en une justification biblique du retour des juifs en Israël. Il indique que l’interprétation des Ecritures par certains théologiens occidentaux est devenue une menace pour l’existence des chrétiens palestiniens, et que « la «bonne nouvelle» même de l’Evangile est devenue pour nous une ›une annonce de mort’. »

Des organisations juives et chrétiennes pro-israéliennes ont réagi avec colère au document.

« Le contenu et le ton négatifs » du document a frappé les juifs néerlandais « au plus profond de leur cœur », a indiqué le Conseil juif central dans une lettre envoyée le 21 décembre aux organisations d’Eglises.

L’organisation nationale juive a affirmé espérer que les Eglises prennent clairement leurs distances avec le contenu du document palestinien.

Dans un communiqué publié sur son site web, le mouvement néerlandais Christenen voor Israël (chrétiens pour Israël) dénonce le document palestinien comme un amas de « propagande et de duperie ». Le mouvement déclare: « Où avons-nous également pu lire qu’il ne faut pas faire commerce avec les juifs? Les enfants des survivants des terreurs nazie et soviétique doivent-ils ainsi vraiment faire ce que le monde exige d’eux? »

Le document Kairos a été rédigé par 14 responsables chrétiens palestiniens issus des traditions catholique romaine, orthodoxe grecque, luthérienne, anglicane et baptiste. Le document a reçu l’appui des 13 patriarches et chefs d’Eglise de Jérusalem. (apic/eni/js)

4 janvier 2010 | 17:34
par webmaster@kath.ch
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