Publication vendredi de son nouveau rapport

Suisse: Pour la CICAD, la situation de l’antisémitisme en Suisse romande est «alarmante»

Genève, 26 mars 2010 (Apic) Pour la sixième année consécutive, la Coordination Intercommunautaire Contre l’Antisémitisme et la Diffamation (CICAD) basée à Genève a publié vendredi 26 mars son rapport annuel sur la situation de l’antisémitisme en Suisse romande. Ce rapport, retraçant la situation de l’année 2009, fait état d’une «hausse significative» du nombre d’actes antisémites recensés. La CICAD estime par conséquent que la situation est «alarmante».

Le tableau récapitulatif des actes antisémites recensés pour l’année 2009 en Suisse romande fait état d’une augmentation de 59% par rapport à l’année passée. A titre de comparaison, l’année 2009 atteint, avec un total de 153 actes recensés, un «record» par rapport aux cinq années précédemment examinées. Parmi ces cas, 4 sont qualifiés de «graves», 22 de «sérieux» et 127 «préoccupants et indicateurs». La CICAD se dit notamment inquiète en constatant l’émergence de débats sur les pratiques et la liberté religieuses, «contraires à l’esprit de tolérance et de respect qui prévaut dans notre pays».

«L’utilisation de plus en plus fréquente, à des fins de propagande antisémite, des diverses plateformes interactives mises à disposition du public par les médias est inquiétante. Force est de constater, en effet, que nombre de ces outils (blogs, commentaires de lecteurs en ligne,…) sont utilisés par certains afin de déverser leur haine des Juifs de manière anonyme. Cette libération de la parole antisémite est, pour le moins, alarmante», peut-on lire dans le rapport de la CICAD présenté vendredi 26 mars à Genève en présence de Me Alain Bruno Lévy, président de la CICAD, et Johanne Gurfinkiel, secrétaire général de l’organisation.

«Certains vont même jusqu’à faire le parallèle entre les Palestiniens et la figure du Christ, ressuscitant ainsi le mythe du peuple juif ’déicide’»

La CICAD affirme que «l’actualité liée au conflit en cours au Proche-Orient est également l’occasion, pour certains, de diffuser des messages à caractère antisémite – voire de justifier des actes antisémites – sous couvert de critiquer la politique d’Israël». La CICAD admet qu’Israël, comme n’importe quel Etat, peut être critiqué lorsqu’il commet des erreurs et qu’il ne saurait exister d’exception en ce qui le concerne.

«Mais comment s’assurer que des critiques qui visent l’Etat d’Israël soient inspirées par des sentiments que n’influence aucun soupçon d’antisémitisme ?», se demande la CICAD. L’organisation, qui relève que les stéréotypes généralement associés aux juifs par la propagande antisémite sont attribués à l’Etat d’Israël (soif de domination, contrôle des médias et de la finance,…), va jusqu’à écrire que «certains vont même jusqu’à faire le parallèle entre les Palestiniens et la figure du Christ, ressuscitant ainsi le mythe du peuple juif ’déicide’».

«L’antisionisme (…) ne saurait être toléré», affirme la CICAD

D’autre part, la CICAD affirme que «l’antisionisme, en tant qu’opposition de principe à l’existence de l’Etat d’Israël, ne saurait être toléré». En effet, poursuit l’organisation basée à Genève, «contrairement à ce que certains prétendent, l’antisionisme n’est pas une position politique acceptable; il s’agit de la remise en question pure et simple du droit du peuple juif à disposer d’un Etat».

Créée à l’initiative de la CIG (Communauté Israélite de Genève), la CILG-GIL (Communauté Israélite Libérale de Genève) et la CILV (Communauté Israélite de Lausanne et du canton de Vaud), la CICAD est une association à but non lucratif au sens des articles 60 et suivants du Code civil suisse. Outre la lutte contre toutes les formes d’antisémitisme, l’organisation veut préserver la mémoire de la shoah, l’extermination des juifs par les nazis, sans oublier la défense de «l’image d’Israël lorsqu’elle est diffamée». Cf. www.cicad.ch. (apic/com/be)

26 mars 2010 | 18:00
par webmaster@kath.ch
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